Alain Gaudet vit dans son appartement à Trois-Rivières. Âgé de maintenant 53 ans, il est atteint
de l’amyotrophie spinale de type III, Kugelberg-Welander depuis sa naissance. En raison de son
handicap, il se déplace avec l’aide d’un fauteuil motorisé et peine à bouger ses membres.
Malgré son handicap, Alain Gaudet a tout fait pour briser les barrières et gagner en autonomie.
En 1993, à l’âge de 20 ans, il déménage en appartement et s’implique dans le milieu
communautaire pendant une dizaine d’années en occupant plusieurs postes administratifs.
En raison de l’évolution de sa maladie, Alain Gaudet doit trouver du financement grâce au
programme Chèque emploi-service. Il s’occupe lui-même du recrutement du personnel, ses «
p’tits anges », en collaboration avec le Centre Intégré de santé et de services sociaux de sa
région. « Je suis en pourparlers avec le CiUSS de Trois-Rivières afin d’obtenir du financement
24h sur 24 », explique Alain.
Ses besoins sont nombreux: aide au lever, aide au coucher, préparation de repas, soins
d’hygiène. Selon Alain, « c’est un combat au quotidien », car cela demande beaucoup
d’organisation.
Lire aussi : Alain Gaudet : entreprendre pour garder son autonomie
Internet: un levier à l’autofinancement
Son humour, sa débrouillardise et sa créativité sont ses principales forces. Grâce à son implication dans le milieu communautaire, Alain Gaudet s’est démarqué auprès de ses paires pendant une dizaine d’années. Bon communicateur, il s’est donc servi d’Internet comme levier à l’autofinancement afin de partager son parcours. C’est ce qui lui permet de poursuivre sa vie en appartement et de vivre de façon autonome depuis plus de 30 ans malgré l’évolution de sa maladie.
« Comme j’étais déjà connu dans le milieu communautaire, ça a créé un effet domino. J’ai obtenu de la visibilité rapidement et avec le temps, je me suis fait connaître par beaucoup de gens, dont des personnalités publiques connues comme Jeff Fillion ou Mike Ward qui m’ont soutenu dans mon maintien à domicile », explique-t-il.
Une image de marque
Grâce à cette initiative, Alain est devenu une image de marque à lui seul et a multiplié les projets. Connu sous le pseudonyme « Al Rider » il a créé son propre t-shirt, participé à des podcasts et diverses entrevues et a organisé de nombreuses campagnes de financement pour amasser des dons afin de combler l’ensemble de ses besoins, dont l’embauche de personnel et l’achat de matériel nécessaire à son maintien à domicile.
Mike Ward le Magnifique
La personnalité touchante d’Alain lui a valu de nombreux alliés. Mike Ward organise chaque année un spectacle-bénéfice depuis 2013, Mike Ward le Magnifique, afin de récolter des dons pour l’aider dans son combat. Cet événement implique plusieurs personnes du milieu humoristique. Cette année, le spectacle a rapporté plus de 27 000$. « Chaque don peut être effectué sur mon site Internet. », explique Alain.
Depuis janvier 2021, il est associé à la Fondation CellZone. Elle s’occupe de la gestion de chaque transaction et sert de pont entre le CIUSS de Trois-Rivières pour faciliter les divers besoins d’Alain.
C’est ainsi qu’il a pu obtenir un nouveau lit adapté en 2023, son troisième en 35 ans, d’une valeur de près de 50 000$.
Continuer de se battre
En plus de son implication sur les réseaux sociaux, Alain Gaudet a toujours de nouveaux objectifs et souhaite réaliser plusieurs autres projets « J’aimerais étendre mes activités sur Instagram et TikTok, organiser des conférences sur le web, mais aussi en présentiel. », dit-il.
Toutefois, il demeure réaliste: son maintien à domicile comporte plusieurs défis. Il souhaite continuer de se battre et vivre dans la dignité aussi longtemps que possible. Ce qui le motive, c’est son désir de contribuer au bien-être de sa famille qui l’a toujours encouragé à réaliser ses rêves.: « Je me bats pour continuer de veiller sur ma mère pour lui éviter une vie en centre hospitalier », explique Alain.
Selon lui, toute personne peut réussir à se démarquer, même lorsque celle-ci est en situation de handicap. Le secret de la réussite se résume en trois mots: travail, rigueur, persévérance. « Il faut faire fi des critiques négatives et garder la tête haute », conclut-il.


1 commentaire
Al Rider
J’ai beaucoup aimé travailler avec toi, Simon. Excellent travail. J’aime bien ta plume. Au plaisir.