Le CRTC rend les sous-titres codés obligatoires sur les plateformes numériques d’ici 2031

Par : Koralie Boyer, 2 juin 2026
dernière mise-à-jour : 2 juin 2026
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Maude Rivière, résidente de Lanaudière vivant avec une surdité moyenne, témoigne de l'importance des sous-titres codés suite à la décision du CRTC en mai 2026
Maude Rivière, résidente de Lanaudière. Gracieuseté.

Le 25 mai 2026, le CRTC a rendu sa décision : les sous-titres codés deviennent obligatoires sur tous les services de diffusion en ligne au Canada. Les plateformes ont cinq ans pour se conformer.

La règle s’applique d’abord aux nouvelles émissions originales dans un délai d’un an, puis à l’ensemble des émissions disponibles en ligne. Les émissions déjà sous-titrées à la télévision devront aussi l’être sur les plateformes numériques.

Cette décision fait suite à une consultation publique où des personnes sourdes ou malentendantes, des groupes de défense des droits et des diffuseurs ont été entendus.

Pour les quelque 3,2 millions de Canadiens sourds, sourds-aveugles ou malentendants, cela signifie un accès au même contenu que le reste de la population, peu importe la plateforme. Une victoire qui prend ses racines loin : l’Association des Sourds du Canada réclamait déjà le sous-titrage intégral à la télévision en 2007.

Les sous-titres codés CRTC vus du quotidien

Maude Rivière, résidente de Lanaudière, vit avec une surdité moyenne causée par l’ototoxicité des antibiotiques. Pour elle, l’obligation de sous-titres codés annoncée par le CRTC n’est pas abstraite.

« Sans le sous-titrage, je n’arrive pas à comprendre ce qui se passe à la télévision. Les émissions doublées sont encore plus difficiles à suivre car il est impossible d’utiliser la lecture labiale pour tenter de comprendre. »

Comme beaucoup de Québécois, la télévision fait partie de ses rituels familiaux. « On adore écouter la télé en famille avec mon fils de 6 ans. Je serais vraiment triste de ne pas comprendre ce que l’on écoute ensemble. »

La qualité des sous-titres, un enjeu à part entière

Mme Rivière soulève un point souvent passé sous silence : la présence de sous-titres ne suffit pas.

« Toutefois, la présence de sous-titrage ne garantit pas nécessairement la compréhension de ce qui se passe à la télévision. Il faut que ceux-ci soient bien faits. Par exemple, un sous-titrage qui a du retard par rapport à l’action devient incompréhensible, et les sous-titres automatiques écrivent souvent n’importe quoi. »

Les sous-titres automatiques sont souvent générés par intelligence artificielle. Plutôt que de retranscrire mot à mot, ils résument ou approximent, ce qui crée des erreurs et de la confusion pour les personnes qui dépendent de ce texte pour comprendre.


Foire aux questions

Qu’est-ce que la décision du CRTC sur les sous-titres codés annoncée en mai 2026 ?

Le 25 mai 2026, le CRTC a annoncé que tous les services de diffusion en ligne au Canada devront offrir des sous-titres codés sur l’ensemble de leur contenu dans un délai de cinq ans. Les nouvelles émissions originales doivent être sous-titrées en un an.

Qui est concerné par cette obligation ?

Tous les services de diffusion en ligne au Canada, incluant les plateformes numériques qui diffusent des émissions déjà sous-titrées à la télévision.


Combien de Canadiens sont sourds, sourds-aveugles ou malentendants ?

Environ 3,2 millions de Canadiens sont touchés par une perte auditive. C’est la population directement visée par cette mesure d’accessibilité.

Quelle est la différence entre les sous-titres automatiques et les sous-titres codés de qualité ?

Les sous-titres automatiques sont générés par intelligence artificielle et tendent à résumer plutôt qu’à retranscrire fidèlement. Ils peuvent avoir du retard ou contenir des erreurs. Les sous-titres codés de qualité retranscrivent mot à mot, sans décalage.

Depuis combien de temps cette mesure était-elle réclamée ?

L’Association des Sourds du Canada réclamait le sous-titrage intégral à la télévision dès 2007. La décision du CRTC de mai 2026 étend cette obligation aux plateformes numériques.

Qu’est-ce que l’ototoxicité des antibiotiques ?

L’ototoxicité désigne les effets négatifs de certains médicaments, dont des antibiotiques, sur l’audition. Elle peut provoquer une perte auditive partielle ou totale. C’est la cause de la surdité moyenne de Maude Rivière, témoin citée dans cet article.

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