Aujourd’hui encore, la représentation des personnes handicapées dans les médias est souvent limitée. On met de l’avant leur courage, leur résilience, leur capacité à “surmonter l’épreuve”. C’est touchant, oui. Mais est-ce suffisant?
Ce qu’on voit beaucoup moins, ce sont des personnages ou des invité·es crédibles, compétent·es, nuancé·es, dans des rôles qui ne tournent pas uniquement autour de leur handicap.
Des rôles touchants, mais pas toujours crédibles
Dans les séries, les films, les entrevues ou les reportages, la représentation des personnes handicapées dans les médias est encore trop souvent réduite à des récits de dépassement personnel. Ces histoires sont importantes, mais elles ne racontent qu’une facette de la réalité.
Pour normaliser le handicap, surtout dans le monde des affaires et des médias, on doit voir plus de personnes en situation de handicap dans des rôles de professionnel·les, de parents, d’ami·es, de patron·nes. Pas pour parler de leur handicap, mais simplement parce que ça reflète la vraie vie.
Une présence timide dans les médias traditionnels
Les réseaux sociaux ont permis à plusieurs personnes en situation de handicap de créer leur propre espace. Elles prennent la parole, se montrent telles qu’elles sont, inspirent autrement. Mais dans les médias traditionnels, cette visibilité reste fragile. Je trouve qu’il y a encore du travail à faire pour augmenter représentation des personnes handicapées dans les médias au grand public.
J’ai l’impression qu’il faut souvent déjà faire partie du réseau, avoir une formation spécialisée ou avoir le bon réseau de contacts. Et même là, on reste parfois cantonné·e à certains formats. Il y a d’ailleurs une cartographie de la représentation et des obstacles à la participation des personnes handicapées dans les secteurs des médias sur écran et de la radiodiffusion en cours et j’ai hâte de voir les résultats.
Quand la représentation devient moteur de changement
Ce n’est pas qu’une question d’image. C’est une question de reconnaissance, de place, de pouvoir aussi. Quand une personne en situation de handicap est vue dans un rôle crédible, elle devient un modèle. Elle envoie le message que c’est possible. Elle ouvre la porte aux autres.
C’est aussi pourquoi j’ai accepté d’animer la saison 1 de Capable, entreprendre sans limites qui a été produite par l’Office des personnes handicapées du Québec et décidé de poursuivre l’aventure de façon autonome avec la saison 2 en plus d’avoir lancé Capable.media. À travers les entrevues, j’y présente le parcours de personnes en situation de handicap qui innovent, qui bâtissent, qui contribuent. On parle de leurs compétences, de leurs idées, de leur débrouillardise. Pas seulement de leur handicap.
Et ceux qui y arrivent?
Je trouve qu’Ami-télé et Canal M jouent un rôle important au Québec. Elles mettent en lumière des visages qu’on ne voit pas ailleurs et présentent des récits qui font du bien. Je connais même des personnes qui y ont animé des émissions et qui, grâce à cette expérience, ont ensuite réussi à se tailler une place sur des plateformes plus grand public.
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J’ai moi-même participé à plusieurs de leurs émissions, et je m’en inspire beaucoup dans mon travail. Une partie de moi aurait aimé vivre une opportunité plus concrète, plus durable avec eux.
Je suis une personne qui apprend énormément dans l’action. Je ne viens peut-être pas du milieu des médias, mais si on me fait confiance, je crois sincèrement pouvoir apporter quelque chose de fort.
Finalement, j’ai choisi de créer mon propre projet. Et chaque collaboration avec Ami-télé ou Canal M me permet aujourd’hui de rejoindre un auditoire différent. Les personnes derrière ces plateformes sont toujours aussi humaines que professionnelles. C’est toujours un plaisir de collaborer avec elles.
Ce que je souhaite maintenant, c’est qu’on aille encore plus loin.
Qu’on ouvre vraiment l’espace.
Qu’on ose offrir des rôles plus importants aux personnes en situation de handicap, qu’il soit visible ou non.
Que le fait de parler de notre différence devienne simplement… normal.
Pas juste émouvant.
Pas juste exceptionnel.
Juste… normal.

