Retour au travail après un traumatisme craniocérébral : ils avancent ensemble

Par : Anais Mesa, 26 mai 2026
dernière mise-à-jour : 27 mai 2026
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Participants assis sur scène lors du congrès de l'AQTC en octobre 2019, portant des chandails bleus aux couleurs de l'Association québécoise des traumatisés crâniens. En arrière-plan, le panneau de l'AQTC avec la mention : Retrouver le chemin de l'autonomie après un traumatisme crânien, c'est possible.
Congrès annuel de l'AQTC, octobre 2019. Des personnes vivant avec un traumatisme craniocérébral réunies pour échanger sur leur parcours vers l'autonomie. Gracieuseté : Louis-Charles Dumais / AQTC

Depuis l’automne 2019, un groupe de discussion réunit tous les 3 ou 4 mois des personnes en retour au travail après un traumatisme craniocérébral (TCC), au Québec. L’approche est volontaire, confidentielle, et répond à un besoin concret : un espace pour parler de ce que la réadaptation médicale ne couvre pas toujours, soit la vie professionnelle après le diagnostic.


Note : Les participants ont été identifiés par leur prénom seulement, à leur demande.


Ce que les statistiques ne montrent pas

Environ 30 % des personnes ayant subi un TCC modéré à grave font partie de la population active. Elles doivent composer chaque jour avec les exigences du travail, malgré des séquelles que les collègues ne voient pas toujours.

Fatigue cognitive, troubles de concentration, mémoire fragilisée, hypersensibilité au bruit ou au stress, difficulté à gérer plusieurs tâches à la fois. Ces séquelles varient d’une personne à l’autre, et c’est précisément ce qui complique les choses en milieu de travail.

La réadaptation médicale est souvent bien encadrée. L’après, beaucoup moins.

Un groupe né d’un besoin réel : le retour au travail après un traumatisme craniocérébral

Ce groupe de discussion n’est pas une thérapie. Les participants y partagent leurs défis, leurs stratégies d’adaptation, leurs inquiétudes et leurs réussites. Un endroit pour être compris sans avoir à tout réexpliquer.

Étienne, membre du groupe, met le doigt dessus :

« Pour chaque personne, c’est différent. Certaines voudraient travailler, mais ne peuvent pas en raison de la gravité de leur handicap. D’autres réalisent à quel point l’adaptation est difficile, notamment lorsqu’il faut reconnaître ses limites. »

Il ajoute :

« L’important, c’est de pouvoir être compris et exprimer ses craintes, ses difficultés à trouver un emploi, mais aussi ses réussites. Ce partage permet de se sentir moins seul et d’apprendre des autres. »

Plus qu’un emploi : retrouver une place

Jean-Claude, également membre du groupe, parle d’un défi qui dépasse la recherche d’emploi :

« Le plus dur, parfois, ce n’est pas de trouver un emploi. C’est de retrouver confiance en soi. D’accepter qu’on avance peut-être plus lentement, qu’on a besoin d’adaptations, de pauses, de compréhension. »

Il soulève aussi une réalité que les employeurs connaissent peu :

« On doit parfois expliquer encore et encore ce qu’on vit. Les gens ne comprennent pas toujours qu’un traumatisme crânien peut changer la façon de penser, de réagir, de travailler et même de se percevoir. »

Retrouver un emploi après un TCC, c’est retrouver une routine, une dignité, une reconnaissance. Et pour plusieurs, chaque petit pas dans cette direction compte.

Des forces souvent ignorées

Les personnes vivant avec un TCC développent des qualités que les milieux de travail sous-estiment souvent : résilience, patience, capacité d’adaptation, courage de recommencer.

Jean-Claude laisse cette réflexion, simple et directe :

« Je n’ai pas besoin d’être comme avant pour être important. Mon histoire peut inspirer. Mon courage peut encourager. Ma résilience peut donner de l’espoir à quelqu’un qui pense ne plus être capable. »

Un espace qui change quelque chose

Ce groupe de discussion, né d’un besoin réel en 2019, est devenu une communauté. Un endroit où chacun avance à son rythme, reconnaît sa propre valeur et trouve des personnes qui comprennent vraiment.

Vivre avec un TCC ne diminue pas la capacité d’avoir un impact. Les participants de ce groupe en sont la preuve, deux fois par année, depuis bientôt six ans.


Un documentaire pour mieux comprendre l’impact de la reconstruction après un traumatisme craniocérébral


Foire aux questions

Quels sont les principaux défis du retour au travail après un traumatisme craniocérébral ?

Les défis varient selon la gravité du TCC et la personne. Les plus courants sont la fatigue cognitive, les troubles de mémoire, la difficulté à gérer plusieurs tâches à la fois, l’hypersensibilité au stress et la perte de confiance en soi. La plupart de ces séquelles sont invisibles, ce qui complique la compréhension dans les milieux de travail.

Est-il possible de travailler après avoir subi un TCC ?

Oui, pour une partie des personnes concernées. Environ 30 % des personnes ayant subi un TCC modéré à grave font partie de la population active. Le retour au travail dépend de la nature des séquelles, des aménagements disponibles et du soutien de l’employeur.

Quels aménagements peuvent aider une personne avec un TCC à maintenir son emploi ?

Parmi les aménagements les plus utiles : réduction des heures, environnement de travail calme, pauses régulières, tâches clairement structurées, délais adaptés et communication ouverte avec l’employeur. Chaque situation est différente.

Comment un employeur peut-il soutenir un travailleur vivant avec un TCC ?

En écoutant sans présumer, en acceptant que les séquelles ne sont pas visibles, en adaptant les conditions de travail si possible et en évitant de comparer les performances actuelles à celles d’avant l’accident.

Existe-t-il des groupes de soutien pour les personnes vivant avec un TCC au Québec ?

Oui. Des organisations comme les associations régionales de TCC au Québec offrent des services d’accompagnement, dont des groupes de discussion axés sur la vie professionnelle. Ces espaces permettent aux participants d’échanger sur leurs réalités et de ne pas avancer seuls.

Pourquoi le retour au travail après un TCC est-il aussi une question d’identité ?

Un TCC peut changer la façon de penser, de réagir et de se percevoir. Pour beaucoup, retrouver un emploi va bien au-delà d’un salaire : c’est retrouver un rôle social, une routine, un sentiment d’utilité. Ce processus prend du temps et mérite d’être soutenu.

Où trouver de l’aide pour la réinsertion professionnelle après un TCC au Québec ?

Les centres de réadaptation, les équipes de neuropsychologie et les associations régionales de TCC sont de bons points de départ. Des services spécialisés existent pour accompagner le retour au travail, parfois en lien avec les employeurs.

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