Cet article s’inscrit dans un partenariat avec la SADC Shawinigan, partenaire engagé de la saison 3 de CAPABLE.
L’accompagnement pour entrepreneurs, Nadia Courchesne connaît ça. CPA et directrice des services administratifs à la SADC Shawinigan, elle en fait son métier depuis plus de 20 ans. Capable.Media l’a rencontrée pour répondre à une question que beaucoup se posent avant de se lancer en affaires : peut-on entreprendre seul? Sa réponse mène à une autre idée, au cœur du travail de la SADC (Société d’aide au développement des collectivités) : un accompagnement qui s’adapte à chaque personne : à son rythme, à sa réalité, y compris celle des entrepreneurs vivant avec un handicap visible ou invisible.
« Non, à moins d’être un surhomme ou une surfemme »
Peut-on démarrer une entreprise, en assurer le développement et la croissance, seul? Sans demander de l’aide à qui que ce soit? Nadia Courchesne répond sans hésiter : c’est possible sur papier, rarement viable dans les faits.
« Être entrepreneur, c’est savoir bien s’entourer », résume-t-elle. Personne ne possède, en même temps, toutes les compétences : la comptabilité, la gestion des ressources humaines, la présence web, la vente. On avance en allant chercher, autour de soi, ce qu’on ne maîtrise pas.
Un entrepreneur paie ses employés, par exemple. Mais, souvent, il oublie ses remises gouvernementales. Le gouvernement, lui, n’oublie jamais : les pénalités et les intérêts s’accumulent. Être bien accompagné dès le départ, c’est connaître ces détails avant qu’ils deviennent de vrais problèmes financiers, difficiles à rattraper.
Demander de l’aide, dès l’idée
Quel est le bon moment pour cogner à la porte d’un organisme comme la SADC? « Dès que vous avez une idée d’entreprise », dit Mme Courchesne. Pas besoin d’un plan d’affaires complet. Parfois, on veut simplement valider une intuition : est-ce que le marché est là? Est-ce que le projet a du potentiel? Et si l’entreprise est déjà démarrée, il n’est jamais trop tard pour demander de l’aide. Pour elle, demander de l’aide n’a rien de gênant. « Même après dix ans en affaires, on a parfois besoin d’un pas de recul pour mieux voir l’ensemble de sa situation », ajoute-t-elle.
De l’accompagnement pour entrepreneurs, même sans financement
Le rôle de la SADC ne se résume pas au financement. La majeure partie de la clientèle de Nadia Courchesne n’a aucun prêt avec l’organisme. Son principal bailleur de fonds, Développement économique Canada, exige justement que les services d’accompagnement pour entrepreneurs soient ouverts à toutes les personnes du territoire qui ont la fibre entrepreneuriale, pas seulement à celles qui sont financées.
La seule condition pour être accompagné par une personne de la SADC, c’est d’avoir une entreprise ou vouloir en démarrer une dans le secteur. L’accompagnement pour entrepreneurs touche la présence web, la comptabilité, la gestion informatique, les ressources humaines. Nadia explique, par exemple, que sa collègue Catherine est d’ailleurs très sollicitée pour la présence web ; c’est souvent la première porte d’entrée, avant que l’équipe fasse le tour des autres besoins.
Le flexipreneuriat, une forme d’entrepreneuriat à part entière
Entreprendre à temps partiel, ou plutôt être flexipreneur, se résume à avoir un emploi d’un côté et une entreprise de l’autre. Longtemps, cette réalité a été mal reconnue. « Plusieurs institutions financières disaient : si tu n’es pas à temps plein dans ton entreprise, on ne te finance pas », raconte Nadia. Comme si un entrepreneur à temps partiel n’avait pas, lui aussi, besoin d’argent et d’accompagnement.
La SADC a voulu changer ce regard. C’est même la SADC Shawinigan qui a fait naître le concept de flexipreneur, à partir d’une étude menée entre 2018 et 2021 : reconnaître les personnes qui entreprennent tout en gardant un emploi ou d’autres obligations, comme les proches aidants. Aujourd’hui, à la SADC, les flexipreneur.e.s sont accompagné.e.s comme les autres entrepreneurs, et leurs dossiers sont analysés de la même façon. « Ils sont aussi entrepreneurs que n’importe quel entrepreneur », dit Nadia. Les programmes de financement peuvent changer avec le temps. Le mieux, c’est de vérifier avec l’équipe ce qui est offert au moment de votre démarche.
S’adapter à chaque personne, à son rythme et à sa réalité
Dans l’entrevue, Nadia revient souvent sur un mot : l’adaptation. « On va toujours au rythme de l’entrepreneur.e. On respecte son rythme, on respecte sa situation aussi », dit-elle. Concrètement, ça donne quoi? Quelqu’un a plus d’énergie le soir? L’équipe déplace ses heures et ouvre en soirée. Une personne veut venir avec son chien d’assistance parce que le rendez-vous la stresse? Le chien est le bienvenu, sans discussion.
« On a tout type de clientèle, puis on est vraiment ouvert aux personnes qui ont un handicap, qu’il soit visible ou invisible », affirme-t-elle. Ici, c’est l’accompagnement pour entrepreneurs qui s’ajuste à la personne : ses horaires, son énergie, ce dont elle a besoin pour se sentir en confiance.
Le flexipreneuriat va dans le même sens. Accueillir quelqu’un qui démarre son entreprise tout en gardant un emploi, ou en étant proche aidant, c’est accepter que chaque parcours est différent. Certaines réalités se voient peu au départ. Les nommer et les accueillir, ça fait partie du travail.
Cette souplesse vient beaucoup de la stabilité de l’équipe. Nadia et sa collègue Edith travaillent à la SADC depuis plus de 20 ans. Catherine, depuis une douzaine d’années. L’équipe est petite, les portes sont rarement fermées, et chacune connaît les dossiers des autres. Ça leur donne une vue complète de la situation de chaque entrepreneur. Et quand un besoin dépasse leurs compétences, elles trouvent la bonne personne ailleurs plutôt que de laisser quelqu’un sans réponse.
Le conseil de Nadia Courchesne
À une personne qui hésite à se lancer parce qu’elle doute d’elle-même, Nadia répond qu’il ne faut pas hésiter à demander de l’aide, à poser des questions et à exprimer ses doutes. Ce qu’on vit seul dans son coin, quelqu’un d’autre l’a probablement déjà traversé. « Souvent, on a une solution pour vous », dit-elle. Et quand la SADC n’a pas la réponse, elle cherche la bonne personne ailleurs dans le milieu.
Le Réseau des SADC et CAE est présent partout au Québec. Hors du territoire de Shawinigan, on peut trouver la SADC ou le CAE de sa région pour un accompagnement semblable.
Écouter l’entrevue avec Nadia Courchesne
Foire aux questions
Faut-il un associé pour créer son entreprise?
Non. On peut entreprendre sans associé. « S’entourer » veut d’abord dire aller chercher les bonnes compétences autour de soi. Comme un comptable, une ressource pour le web et un mentor. Et ce, sans partager la propriété de l’entreprise. Un organisme comme la SADC Shawinigan peut jouer ce rôle de premier cercle.
Qu’est-ce que le flexipreneuriat?
Le flexipreneuriat, c’est démarrer et faire grandir son entreprise tout en gardant un emploi ou d’autres obligations, comme un rôle de proche aidant. C’est une façon d’entreprendre à part entière, souvent choisie pour garder une sécurité financière au démarrage. À la SADC Shawinigan, ces entrepreneurs sont accompagnés comme les autres.
La SADC de Shawinigan accompagne-t-elle les personnes en situation de handicap?
Oui. L’équipe adapte l’accompagnement à la réalité de chaque personne : rendez-vous en soirée, présence d’un chien d’assistance, rythme respecté, que le handicap soit visible ou invisible. L’objectif est que la personne se sente en confiance pour avancer dans son projet.
L’accompagnement est-il gratuit, et faut-il un prêt avec la SADC?
On peut être accompagné sans avoir de prêt : la majorité de la clientèle n’est pas financée par l’organisme. Développement économique Canada, son principal bailleur de fonds, exige d’ailleurs que l’accompagnement soit ouvert à tous les entrepreneurs du territoire. Pour les modalités et les coûts exacts, contactez l’équipe de Shawinigan.
Comment trouver la SADC ou le CAE de sa région?
Le Réseau des SADC et CAE couvre tout le Québec. Sur le site du Réseau, on peut repérer la SADC ou le CAE de sa région et obtenir un accompagnement semblable à celui offert à Shawinigan.

