Créer autrement, malgré le système : une autre réalité de l’entrepreneuriat inclusif au Québec

Par : Kim Auclair, 23 juillet 2025
dernière mise-à-jour : 14 juin 2026
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Femme en fauteuil roulant travaillant sur un ordinateur portable dans un espace de bureau lumineux. Crédit photos : Marcus Aurelius sur Pexels

L’entrepreneuriat inclusif au Québec mérite plus d’attention. C’est un levier d’innovation, d’impact social et de résilience économique.

Ces derniers jours, le climat d’incertitude politique complique la vie de nombreux entrepreneurs. Arrêt de financement pour certains programmes liés à l’accompagnement entrepreneurial, budgets révisés, fermetures de programmes… Sur les réseaux sociaux, plusieurs témoignent qu’il devient difficile de planifier à moyen ou long terme à cause de tous ces changements.

Même les organisations qui accompagnent les entrepreneurs – et qui ne dépendent pas entièrement des fonds publics – mais pour qui ce financement reste important – ont de la difficulté à suivre. Il y a des annonces, des intentions, mais concrètement, sur le terrain, peu de choses se traduisent encore par de l’action. Les règles changent, les programmes d’aide se transforment, et les repères se brouillent.

Je comprends qu’on veuille faire le ménage : éviter les doublons, retirer ce qui ne fonctionne pas, revoir les priorités, mieux gérer les coûts. Mais sincèrement, j’ai de la misère avec la façon dont ça s’est fait dans les derniers mois.

Et je ne peux pas m’empêcher de penser à celles et ceux dont on parle rarement dans les discussions économiques : les entrepreneurs qui créent autrement. Ceux que le système ne reconnaît pas toujours. Ceux qui, depuis longtemps, composent avec un niveau d’incertitude encore plus grand.

Oui, je parle des entrepreneurs atypiques. Mais plus particulièrement de celles et ceux qui ont une différence, et qui ont choisi d’entreprendre par nécessité. Parce qu’ils vivent eux-mêmes certains problèmes. Parce qu’ils veulent y répondre avec des solutions concrètes.

Depuis plusieurs mois, je multiplie les échanges avec des entrepreneurs en situation de handicap et avec les acteurs qui les soutiennent. À travers le magazine Capable, mais aussi dans le cadre de la recherche Adapter l’accompagnement entrepreneurial des personnes en situation de handicap, dirigée par Félix Zogning, à laquelle je collabore. Ces personnes sont souvent absentes des débats publics.

Pourtant, elles veulent contribuer. Créer. Bâtir un projet à leur façon. Mais elles ne rentrent pas dans les bonnes cases. Pas parce qu’elles manquent de compétences. Mais parce que le système ne les mentionne pas, ou pire : ne les voit tout simplement pas.

Je penses aux programmes qui s’adressent à la diversité. Ces personnes y sont les bienvenues, bien sûr. Mais c’est rare qu’on y voie le mot “handicap” clairement mentionné. Et ça compte. Parce que pour plusieurs, juste le fait de se sentir nommées peut faire toute la différence.

Quand le système ne reconnaît pas l’entrepreneuriat inclusif

Les critères d’admissibilité, les attentes de performance, les modèles d’affaires attendus… tout ça est rarement pensé en fonction de leur réalité. Obtenir du financement, trouver du soutien, bâtir un réseau : chaque étape est un défi de plus. Et pourtant, ils avancent. Ils créent quand même. À temps partiel, en mode hybride, avec des partenaires, avec des adaptations. Ils le font à leur façon, souvent dans l’ombre, et toujours avec une grande résilience.

Cette forme d’entrepreneuriat, je l’appelle l’entrepreneuriat inclusif. Ce n’est pas une catégorie à part. C’est juste une autre façon de faire. Une façon qui mérite la même reconnaissance.

Ce modèle d’entrepreneuriat inclusif mérite d’être mieux soutenu. Pas seulement par des programmes spécialisés, mais en étant intégré aux réflexions générales sur l’avenir économique du Québec.

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L’entrepreneuriat inclusif, une richesse sous-estimée pour l’économie du Québec

Ce modèle d’entrepreneuriat inclusif mérite d’être mieux soutenu. Pas seulement par des programmes spécialisés, mais en étant intégré aux réflexions générales sur l’avenir économique du Québec.

Je parle ici du Québec, parce que c’est ce que je connais le mieux. Mais en France, même si ce n’est pas parfait non plus, je remarque le terme entrepreneuriat inclusif est plus documenté. Je pense qu’on peut, nous aussi, s’y intéressé d’avantage. Pas en copiant, mais en adaptant. En reconnaissant que ce type d’entrepreneuriat mérite d’être pris au sérieux, soutenu, et intégré à la vision économique d’ensemble.

Lire aussi : Et si le Québec s’inspirait de la France pour soutenir les entrepreneurs en situation de handicap?

Je ne dis pas que l’un est plus important que l’autre. Je dis qu’il faut voir plus large. L’incertitude que plusieurs découvrent aujourd’hui, d’autres la vivent depuis longtemps. Et si on veut bâtir une économie plus résiliente, on gagnerait à inclure ces parcours-là dans nos réflexions. Parce qu’ils apportent une autre forme d’innovation. Une autre forme d’organisation. Une autre forme de leadership

S’engager pour faire rayonner l’entrepreneuriat inclusif au Québec

Bref, ce que je défends avec Capable Média c’est une vision élargie de l’entrepreneuriat inclusif, qui reconnaît toutes les formes d’innovation. Et ce qui me motive, dans ce que je fais – que ça soit avec mes services de relations de presse ou encore la création de contenus – c’est de faire entendre ces voix. De montrer qu’on peut créer, même quand les conditions sont loin d’être idéales. De rappeler que l’innovation peut (et doit) venir aussi de ceux qu’on n’attend pas

Et si on élargissait enfin notre regard sur ce que ça veut dire, être entrepreneur au Québec aujourd’hui ?

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