En cette Semaine nationale de l’accessibilité 2026, qui se tient du 31 mai au 6 juin, je veux parler de ce que les grandes politiques ne mesurent pas.
Il m’est déjà arrivé de participer à un appel Zoom sans savoir, au départ, que la personne allait être dans sa voiture entre deux rencontres. En soi, ce n’est pas grave. Mais pour moi, ça change tout.
J’entends grâce à un implant cochléaire à l’oreille droite. Mon oreille gauche n’entend pas. Dès que ce type de situation se produit, je perds des repères. J’ai l’impression que la personne est pressée. J’hésite à poser des questions, à demander de répéter. Je fais ce que je peux. Mais je ne suis pas à mon meilleur. Et pourtant, de l’autre côté, il est probable que rien de tout ça n’ait été perçu.
La Semaine nationale de l’accessibilité 2026 est une bonne occasion de parler des grandes avancées. Les politiques évoluent. Les technologies aussi. La Loi canadienne sur l’accessibilité, adoptée en 2019, fixe un objectif clair : un Canada sans obstacles d’ici 2040
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Et pourtant, au quotidien, ce qui fait la différence pour moi passe rarement par une grande mesure. Ça passe par le contexte d’une conversation.
Semaine nationale de l’accessibilité 2026 : ce que les chiffres ne disent pas
En mai 2026, Stéphanie Cadieux a accepté un deuxième mandat comme Dirigeante principale de l’accessibilité du Canada. Dans un texte publié sur la page LinkedIn du Bureau de la dirigeante principale de l’accessibilité pour marquer ce moment, elle dit quelque chose que peu de leaders osent dire aussi directement : quand le vocabulaire de l’accessibilité devient familier, il y a un risque réel que les organisations aient l’impression d’avoir fait leur part, sans que rien n’ait vraiment changé pour les gens sur le terrain.
Depuis des années, je compense ce que je n’entends pas. Je devine les mots à partir du contexte. Au cinéma, je suis l’histoire grâce aux images. En réunion, je lis les lèvres, je guette les expressions, je reconstruis ce que j’ai manqué.
Comme j’ai toujours voulu être comme les autres, demander des adaptations ne vient pas naturellement. Je ne veux pas déranger. Je m’ajuste.
Aurais-je pu le dire? Oui. Mais quand on a passé sa vie à ne pas vouloir déranger, ça ne sort pas si facilement.
Mais s’ajuster tout le temps, ça use. Ce n’est pas une question d’aménagements physiques ni de technologies. C’est une question de climat. De signaux. De petites attentions qui permettent à quelqu’un de se sentir à l’aise de nommer ses besoins.
Dire dès le départ qu’on est en déplacement. Vérifier si le contexte convient. Laisser de l’espace dans la conversation.
Des gestes simples. Mais ils peuvent changer l’expérience d’une rencontre du tout au tout.
Ce que je vis dans ces appels, Stéphanie Cadieux le nomme à l’échelle du pays : le vrai changement ne vient pas uniquement des politiques. Il vient de l’écoute, de l’adaptation et de l’acceptation du fait d’être parfois mal à l’aise.
Au Canada, 27 % de la population vit avec un handicap. Ça représente environ une personne sur quatre dans une salle de réunion, dans une équipe de travail, dans un processus de recrutement.
Une personne sur quatre qui compose, qui s’ajuste, qui espère que le contexte sera bon.
En cette semaine de l’accessibilité, je pense moins aux grandes réformes qu’aux débuts de conversation.
À la façon dont une réunion s’ouvre. À l’information partagée avant même que ça commence. À l’espace laissé pour que quelqu’un puisse dire : je fonctionne mieux si…
L’accessibilité, ça commence là. Avant les politiques. Avant les plans d’action. Dans la façon dont on entre en contact avec l’autre.
Et ça, aucune loi ne peut l’obliger.
Foire aux questions
Qu’est-ce que la Semaine nationale de l’accessibilité au Canada?
La Semaine nationale de l’accessibilité se tient chaque année à la fin mai et au début juin. En 2026, elle a lieu du 31 mai au 6 juin. Elle vise à sensibiliser les Canadiens à l’importance de l’inclusion des personnes en situation de handicap dans tous les secteurs de la société.
Qui est Stéphanie Cadieux
Stéphanie Cadieux est la Dirigeante principale de l’accessibilité du Canada, un poste créé en vertu de la Loi canadienne sur l’accessibilité. Elle a été nommée pour la première fois en mai 2022 et a accepté un deuxième mandat en mai 2026. Son rôle consiste à suivre les progrès en matière d’accessibilité à l’échelle fédérale et à formuler des recommandations indépendantes.
Qu’est-ce que la Loi canadienne sur l’accessibilité?
Adoptée en 2019, la Loi canadienne sur l’accessibilité a pour objectif de rendre le Canada exempt d’obstacles d’ici 2040. Elle s’applique aux organisations sous réglementation fédérale et couvre sept domaines prioritaires, dont l’emploi, le transport et les technologies de l’information.
Qu’est-ce qu’un implant cochléaire?
Un implant cochléaire est un dispositif médical qui stimule directement le nerf auditif pour permettre à une personne sourde ou malentendante de percevoir les sons. Contrairement aux prothèses auditives classiques, il ne amplifie pas le son : il le convertit en signal électrique transmis au cerveau. Son efficacité varie selon les personnes et les contextes d’écoute.
Pourquoi parler d’accessibilité dans le contexte du travail et du recrutement?
Au Canada, 27 % de la population vit avec un handicap. Beaucoup de ces personnes sont en âge de travailler et possèdent des compétences recherchées. Les obstacles à l’inclusion ne sont pas toujours structurels. Ils passent souvent par des habitudes de communication, des contextes de rencontre et des pratiques quotidiennes qui peuvent, sans le vouloir, rendre la participation plus difficile.

