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Assemblée nationale accessible : comment MÉMO-Qc a changé les choses

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dernière mise-à-jour : 3 juin 2026
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Équipe de MÉMO-Qc lors d'une visite pour rendre l'Assemblée nationale accessible aux personnes en fauteuil roulant, Assemblée nationale du Québec.
L'équipe de MÉMO-Qc lors d'une visite de test à l'Assemblée nationale du Québec. Gracieuseté : MÉMO-Qc

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Pendant des années, rendre l’Assemblée nationale accessible aux personnes en fauteuil roulant semblait impossible. Stationnement introuvable, ascenseurs mal connectés, tribunes sans espace. L’équipe de Moelle épinière et motricité Québec (MÉMO-Qc) a noté chaque obstacle. Elle n’a pas lâché. Et ça a changé.


Une Assemblée nationale accessible : pourquoi ça n’allait pas de soi

Le Parlement, c’est la maison du peuple, dit Walter Zelaya, directeur général de MÉMO-Qc. Elle devrait être accessible à tout le monde. Pendant longtemps, ce n’était pas le cas.

M. Zelaya y a amené des membres à plusieurs reprises. Le constat était toujours le même : les rénovations respectaient les normes. Mais respecter les normes et être vraiment accessible, ce n’est pas la même chose.

« L’accessibilité, c’est une chose d’avoir accès aux lieux. Pouvoir en profiter comme tout le monde, c’en est une autre. » Walter Zelaya, MÉMO-Qc

Pour aller écouter la période des questions, par exemple, il fallait rouler longtemps, changer d’ascenseur, et souvent se faire dire que l’entrée prévue n’était pas accessible. Les visiteurs en fauteuil se retrouvaient isolés, loin des tribunes ordinaires.

Et si un député devait se déplacer en fauteuil ? Il n’y avait pas de place pour lui dans la salle. Aucune.

En février 2024, MÉMO-Qc a envoyé une lettre formelle à la présidence de l’Assemblée nationale. Le Journal de Québec a couvert la nouvelle.

MÉMO-Qc : actif depuis 1946

MÉMO-Qc est un organisme à but non lucratif créé en 1946. Sa mission est de favoriser l’autonomie et d’améliorer la qualité de vie des personnes en situation de handicap. Il s’agit d’une référence provincial pour les personnes vivant avec une lésion médullaire ou des problèmes de mobilité. Logement, transport, emploi, santé : l’organisme travaille pour leurs droits sur plusieurs fronts.

Walter Zelaya, quant à lui, se bat depuis plus de vingt ans pour que les personnes en situation de handicap arrêtent d’être « l’angle mort de la société ». Il fait partie du comité d’accessibilité universelle de la Ville de Québec et du collectif accessibilité universelle de Montréal.

Quand une situation est inacceptable, l’organisme n’attend pas. Il note, prend la parole, publie. Puis il revient.

Des experts qui vivent ce qu’ils évaluent

Chez MÉMO-Qc, ce sont les personnes directement concernées qui portent le dossier.

Éric Gilbert est conseiller bénévole. Il se déplace lui-même en fauteuil roulant. Il connaît aussi la réglementation en accessibilité en profondeur. Les normes de stationnement réservé, il les sait mieux que bien des professionnels. Il a travaillé comme consultant lors des rénovations d’une aile de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus à Québec.

Jessica Picard, conseillère principale en intégration et Ariane Gauthier-Tremblay, organisatrice communautaire responsable de l’accessibilité universelle chez MÉMO-Qc, ont aussi testé les parcours sur place.

« Ce sont nos membres qui vivent la réalité. Ce sont eux qui sont les mieux placés pour le faire. » Walter Zelaya

Ensemble, ils ont trouvé des obstacles que les plans d’architecte ne montrent pas. Et ce n’est pas par manque de bonne volonté. Mais parce qu’ils n’avaient pas vécu ces espaces dans leur corps.

Les tests sur place : étape par étape

En mai, MÉMO-Qc a commencé à tester le parcours à l’Assemblée nationale.

Première étape : l’accès au stationnement et l’entrée commune.

Deuxième étape : le passage à la sécurité.

Troisième étape : circuler entre les salles. Les tests pour rendre l’Assemblée nationale accessible vont continuer jusqu’au Salon bleu. C’est-à-dire la salle des 125 députés. Et ce, jusqu’à la salle des points de presse. Les personnes qui viennent défendre des droits doivent pouvoir parler devant les caméras sans obstacle.

Lire aussi : Comment un vrai processus de rétroaction transforme l’accessibilité dans une entreprise : l’exemple de PlanetHoster

Ce qui rend l’Assemblée nationale accessible aujourd’hui

Des places de stationnement réservées ont été créées près du Parlement. Avant, il n’en existait aucune pour le public. Les circuits intérieurs ont été revus. Des espaces ont été ajoutés dans les tribunes du deuxième étage. Une consigne a été donnée pour la porte d’entrée.

Les travaux de rénovation du salon Bleu incluaient aussi une mise aux normes en accessibilité. Ils viennent de se terminer. Les parlementaires devraient y revenir à l’automne 2026. (Source : Assemblée nationale du Québec, communiqué du 26 mai 2026)

Il y a eu des moments de découragement. Des travaux interrompus. Des mois sans nouvelles. MÉMO-Qc n’a pas lâché. Il y a environ huit mois, l’Assemblée nationale les a rappelés.

« Les gens sont hyper contents qu’on est resté persévérant. On n’a pas lâché le morceau. » Walter Zelaya

Respecter les normes ne suffit pas

À la première rencontre, une représentante de l’Assemblée nationale a dit que toutes les normes avaient été respectées. Walter Zelaya a répondu : c’est justement là le problème.

Une membre de MÉMO-Qc, qui a 75 ans et qui est en fauteuil depuis plus de 50 ans est une ancienne gestionnaire au gouvernement. Elle a demandé à l’équipe de la suivre. Elle leur a montré comment protéger ses bras dans les couloirs étroits. Comment les ascenseurs mal placés l’épuisent avant même d’arriver à destination. Ce que les plans ne peuvent pas montrer.

« Ce n’est pas suffisant d’appliquer la réglementation pour faire de l’accessibilité universelle. » Walter Zelaya

Après cette rencontre, plusieurs membres de l’équipe de l’Assemblée nationale sont devenus des alliés du projet.

Les compétences d’abord

Les personnes en situation de handicap restent les moins représentées sur le marché du travail. Dans les programmes d’entrepreneuriat, elles sont quasi absentes.

Ce que MÉMO-Qc a fait à l’Assemblée nationale, c’est montrer autre chose : des personnes qui arrivent avec un savoir réel, qui font avancer un dossier que personne d’autre ne pouvait porter aussi bien qu’elles.

Lire aussi : Un Canada accessible d’ici 2040 : ce que le 4e Congrès canadien a mis en lumière


Foire aux questions

Qu’est-ce que MÉMO-Qc ?

MÉMO-Qc (Moelle épinière et motricité Québec) est un organisme à but non lucratif qui aide les personnes vivant avec une blessure à la moelle épinière ou un problème de mobilité au Québec depuis 1946.

Qu’est-ce que l’accessibilité universelle ?

L’accessibilité universelle, c’est la possibilité pour toute personne de profiter d’un lieu ou d’un service comme les autres, sans obstacle et sans aide exceptionnelle. Avoir accès à un bâtiment est un premier pas. Pouvoir s’y déplacer librement et y participer pleinement, c’est l’objectif.

CAPABLE existe grâce à des organisations qui croient qu’on doit voir les compétences avant la différence. Découvrir comment s’associer →

Auteur/autrice

  • Kim Auclair

    Kim Auclair est animatrice, productrice et fondatrice de Capable.Media. Entrepreneure depuis 2003, elle évolue depuis plus de 20 ans dans l’univers des communications, des médias et de l’entrepreneuriat. Elle est également consultante en relations de presse et coauteure du livre Visible : Apprivoiser les médias en tant que petite entreprise (Septembre Éditeur).
    Née avec une surdité sévère à profonde, elle entend aujourd’hui grâce à un implant cochléaire et vit au quotidien certaines des réalités qu’elle documente. Elle fait également partie de l’équipe du projet Capapreneur, une initiative de recherche visant à mieux adapter les programmes d’accompagnement entrepreneurial aux réalités des personnes en situation de handicap.

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