Le tourisme accessible commence bien avant l’arrivée d’une personne dans un hôtel, un musée ou un restaurant. Il faut pouvoir trouver l’information, se déplacer, entrer dans les lieux et utiliser les services. Pour les organisations, ça demande de comprendre les besoins des personnes et de les prendre en compte dans leurs décisions.
Capable.Media a rencontré Isabelle Ducharme, présidente du conseil d’administration chez Kéroul, dans le cadre d’une entrevue CAPABLE, en conversation. Elle explique comment elle utilise son expérience, ses études et son travail auprès de différents organismes pour faire avancer l’accessibilité.
Un intérêt pour le voyage devenu un champ d’expertise
Avant son accident de voiture en 1988, Isabelle aimait déjà voyager, faire du camping et découvrir d’autres milieux. Après l’accident, elle cherche comment poursuivre ces activités en tenant compte de sa nouvelle réalité.
La découverte de Kéroul lui montre que des possibilités existent. Elle raconte que cette perspective a contribué à sa réadaptation et à ses choix d’études. Elle fait un baccalauréat en communication, puis une maîtrise en gestion et planification du tourisme.
Son parcours lui permet de relier une expérience personnelle à des questions d’organisation, d’information et de services. Elle contribue notamment à un premier projet de parcours touristique accessible pour Kéroul. Elle explique aussi avoir dû adapter son engagement à son énergie, puis poursuivre son implication bénévole.
Faire comprendre les besoins aux organisations
Isabelle souhaite rejoindre des personnes et des milieux qui connaissent moins les réalités du handicap. Elle s’implique dans différents comités et échange avec des organisations du tourisme et du transport.
Ce travail demande d’expliquer les besoins avec des exemples concrets. Pouvoir réserver un transport à la dernière minute, visiter un musée ou aller prendre un café fait partie de la participation à la vie quotidienne. Ces situations aident à comprendre ce qu’une politique ou un service permet réellement de faire.
Elle souligne aussi l’intérêt de travailler avec des regroupements. Ces échanges peuvent permettre de rejoindre plusieurs entreprises et de faire circuler les connaissances au-delà d’un seul établissement.
Prévoir l’accessibilité dès le départ
Dans l’entrevue, Isabelle distingue l’écoute des besoins et leur prise en compte dans les décisions. Un comité peut reconnaître un problème, alors que les budgets et les priorités se décident ailleurs dans l’organisation.
Celle qui a reçu le titre de chevalière de l’Ordre de Montréal, la plus haute distinction honorifique de la Ville de Montréal, en 2025, insiste sur l’importance de penser à l’accessibilité avant de lancer un projet. Et ça concerne autant les services que les bâtiments. Lorsqu’on attend que tout soit conçu, certains changements deviennent plus difficiles à réaliser.
Elle rappelle aussi qu’un aménagement peut servir à plusieurs personnes. Une rampe peut être utile à une personne en fauteuil roulant, à quelqu’un qui utilise temporairement des béquilles ou à un parent avec une poussette.
Passer de l’intention aux moyens d’agir
Isabelle observe une évolution dans les échanges avec Kéroul. Des organisations viennent maintenant chercher de l’aide pour améliorer leurs pratiques, parfois avant même d’avoir été sollicitées.
Elle parle aussi du rôle du financement. Selon son expérience, un soutien concret peut aider des entreprises touristiques à passer de l’intérêt à un projet d’amélioration. L’accompagnement et les ressources disponibles comptent donc dans la capacité de mettre les intentions en pratique.
Kéroul propose des services d’évaluation, d’accompagnement et de formation pour le tourisme et la culture accessibles. Ces ressources permettent aux organisations de mieux comprendre les besoins et de préparer leurs démarches.
Pouvoir aussi profiter des loisirs
Quand on lui demande quel chantier elle aimerait voir avancer, Isabelle parle des spas. Elle souhaite pouvoir profiter d’un établissement où les équipements, comme la table de massage ou l’accès au bain, répondent à ses besoins.
Enfin, cet exemple rappelle que l’accès au travail, aux études et aux soins ne couvre pas toute la vie. Pour Isabelle, pouvoir se détendre, découvrir un lieu et sortir du quotidien compte aussi.
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