Fermer son entreprise n’est pas une décision facile. Pour Mylène Jarry, ce choix vient d’un constat : elle veut travailler davantage, mais les exigences de la pâtisserie s’accordent difficilement avec sa santé. Elle se tourne maintenant vers la comptabilité, avec son expérience en affaires et une idée des services qu’elle souhaite offrir.
Dans son échange avec Kim Auclair, Mylène raconte comment elle cherche des solutions qui répondent aux besoins de sa clientèle comme aux siens. Sa débrouillardise se voit dans ses décisions, au travail et dans son quotidien.
Repérer un besoin et faire évoluer son offre
Technicienne en diététique et pâtissière diplômée, Mylène envisage d’abord un service de traiteur végétalien. Après la naissance de sa fille, elle découvre les défis liés aux allergies alimentaires.
Elle remarque que certains besoins sont peu comblés, surtout en pâtisserie. Son entreprise, Mademoiselle Mielly, évolue progressivement pour y répondre.
Elle s’appuie ainsi sur sa formation et sur ce qu’elle observe pour développer son offre. Reconnaître un besoin et ajuster son projet sont des compétences qu’elle pourra aussi utiliser dans la suite de son parcours.
Fermer son entreprise en tenant compte de ses besoins
Mylène exploite son entreprise à temps partiel pendant plusieurs années. Lorsque sa fille commence l’école, elle souhaite augmenter ses heures de travail.
La fibromyalgie rend toutefois ses douleurs difficiles à prévoir. Les tâches physiques et les engagements liés aux contrats de traiteur lui laissent peu de marge pour ajuster son travail selon son état.
Elle choisit de fermer son entreprise pour chercher une voie qui lui permettra de travailler davantage dans de meilleures conditions pour elle.
Cette décision demande de regarder ses besoins aussi attentivement que ceux de sa clientèle.
Organiser son travail pour pouvoir l’accomplir
Mylène étudie maintenant en comptabilité. Elle aime les chiffres et se décrit comme une personne qui raisonne de façon logique. Son objectif est de travailler à son compte et d’offrir des services de tenue de livres aux petites et moyennes entreprises.
Pour y arriver, elle a cherché un programme à distance qu’elle peut suivre selon son horaire. Elle organise ses études en fonction de son énergie. Son handicap visuel l’amène aussi à utiliser le zoom et à adapter son écran.
Dans son quotidien, elle a choisi un tricycle électrique adapté pour certains déplacements, puisqu’elle ne peut pas conduire. Elle explique aussi avoir construit un réseau de soutien qui l’encourage et l’aide à reconnaître ses capacités.
Ces solutions reposent sur sa connaissance de ses besoins, mais aussi sur l’accès à des outils et à du soutien.
Faire une place aux compétences
À une personne qui porte surtout attention à ses limites, Mylène propose un premier geste : « Commence par faire une liste de tes forces. »
Son expérience en affaires lui a appris à répondre à une clientèle. Ses études lui permettent maintenant de développer des compétences dans un autre domaine. Les adaptations qu’elle utilise lui donnent des moyens de les mettre en pratique.
Son parcours invite à poser une question simple, à l’école comme au travail : de quoi une personne a-t-elle besoin pour utiliser ses compétences?
Entrevue réalisée le 7 octobre 2026, lors du lancement de la saison 3 de CAPABLE.
Pour poursuivre la réflexion : Handicap au travail : comment reconnaître et valoriser les compétences.
Photo : Pascal Proulx.




