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Matthy Laroche : savoir rire de sa différence

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dernière mise-à-jour : 4 novembre 2026
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Matthy Laroche, à gauche, et Kim Auclair, à droite, assis face à face dans le décor de CAPABLE.
Matthy Laroche, alias Le Petit Singe, échange avec Kim Auclair sur sa création de contenu humoristique et ses expériences dans le milieu artistique.

Matthy Laroche, connu sous le nom de Le Petit Singe, partage sa façon de créer ses sketchs, du tournage au montage sur téléphone. Il parle également d’humour, du regard des autres et de la place…

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Quand Matthy Laroche a lancé sa chaîne YouTube, il lui fallait un nom d’artiste. Il a choisi Le Petit Singe, en reprenant une insulte qu’on lui lançait quand il était jeune. Dans CAPABLE, il raconte comment il a fait de ce nom sa marque et comment il choisit aujourd’hui les situations de son quotidien qu’il veut transformer en sketchs.

Trois moments à découvrir dans l’entrevue

Choisissez un sujet pour ouvrir la vidéo sur YouTube au passage indiqué. Ces repères correspondent à la vidéo sans interprétation en LSQ.

Autres accès : version en LSQ, audio, transcription complète.

Qui décide de ce qui fait rire?

Pour Matthy, reprendre cette insulte est une décision de créateur. Il s’en sert pour choisir comment se présenter au public et quels aspects de son vécu il veut raconter. Il relie aussi son goût pour l’autodérision à sa mère, qui lui a appris à rire de certaines situations difficiles. Ce choix lui appartient. Une personne peut parler de sa différence avec humour, et une autre peut choisir un tout autre registre.

Comment passe-t-il du vécu au sketch?

Matthy part d’une situation qu’il a vécue et cherche ce qu’elle peut devenir dans une scène comique. Sur le plateau, il installe son trépied et montre ses accessoires. Une serviette sur la tête lui sert à jouer un personnage. Il tourne les scènes de ce personnage, change de costume, puis tourne les autres. Il assemble ensuite ses prises dans CapCut, sur son téléphone.

Qu’est-ce qu’on peut reprendre de sa méthode?

Enfin, si vous voulez essayer de raconter une situation en vidéo, partez d’un moment précis. Demandez-vous ce qui se passe, qui est là et quel détail pourrait faire comprendre la scène sans tout expliquer. Si vous jouez plusieurs rôles, regroupez les prises par personnage. Vous pourrez remettre les scènes dans l’ordre au montage. C’est une façon de commencer avec les accessoires et le téléphone que vous avez déjà.

Lire aussi : Semaine québécoise des personnes handicapées De Matthieu à Matthy : une histoire d’espoir

Transcription de l’entrevue

Cette version reprend la transcription publiée de l’épisode. Les propos décrivent les réalités présentées au moment de l’enregistrement.

Lire la transcription complète de l’entrevue

Lire la transcription (PDF)

TRANSCRIPTION TEXTUELLE

CAPABLE | Saison 3, épisode 5 | Matthy Laroche

[Invité : Matthy Laroche, créateur de contenu. Animation : Kim Auclair. Une production de Communication Niviti Inc.]

[Description des personnes et du décor, d’après les photos de cet épisode. Matthy Laroche est assis dans un fauteuil bleu foncé à structure de bois clair. Il porte une casquette beige à l’envers, un chandail noir à manches courtes et un pantalon sombre à fines rayures verticales. Il a les cheveux courts, une barbe et une moustache. Des tatouages sont visibles sur ses avant-bras et il porte des bagues. Un micro est fixé près de son col. Kim Auclair lui fait face. Ses cheveux bouclés, châtains et blonds, sont relevés. Elle porte un veston violet foncé sur un haut blanc, des boucles d’oreilles dorées en anneaux et un collier fin. Un micro est fixé à son vêtement. Le décor comprend un mur de briques rouges, de grandes plantes et une cheminée décorative montrant un feu de bois. Deux lampes blanches éclairées de violet, des bobines de film et de petits objets sont disposés sur le manteau de la cheminée. Une table devant les fauteuils porte des tasses et des décorations métalliques ajourées. Un jeté clair est posé sur un fauteuil derrière Kim.]

[00:00:00]
[Kim Auclair]
Aujourd’hui, une question toute simple, peut-on rire de sa différence? J’accueille avec moi Mathieu Laroche. Mathieu, alias Matthy, alias Le Petit Singe, sur les réseaux sociaux, Mathieu est venu nous montrer comment il utilise l’art pour vulgariser sa différence. Restez avec nous parce qu’il va vous montrer comment il fait ses sketchs humoristiques. Bienvenue à CAPABLE.

[00:00:26]
[Musique Intro]

[00:00:34]
[Kim Auclair]
Mathieu, merci d’avoir accepté mon invitation.

[00:00:38]
[Matthy Laroche]
Merci de me recevoir, ça fait vraiment plaisir.

[00:00:41]
[Kim Auclair]
Je suis vraiment contente de te voir. Ta chaîne YouTube s’appelle Le Petit Singe, et je pense que ça vient d’une insulte qu’on te faisait quand tu étais plus jeune. Pourquoi tu as décidé de prendre ça pour l’afficher publiquement?

[00:00:58]
[Matthy Laroche]
Quand j’ai voulu sortir ma chaîne YouTube. Je voulais un nom d’artiste. Je voulais comme une image de marque. Puis, à un moment donné, ça… ça mijotait dans ma tête. Puis, c’est comme… Moi, quand j’étais jeune, on me traitait de face de singe à cause de ma malformation au visage. Et vu que je suis petit, parce que j’ai une forme de nanisme, donc ça va être Le Petit Singe. Je savais que ça allait quand même faire réagir, mais je voulais surtout comme prendre une insulte et la transformer en quelque chose de positif. Fait que là, c’est comme devenu ma marque de commerce : Le Petit Singe.

[00:01:46]
[Kim Auclair]
Ça t’aide, je suppose, à mieux l’accepter ou briser les préjugés tout de suite, vous m’avez déjà traité comme ça, bien là, je l’utilise.

[00:01:56]
[Matthy Laroche]
Je prends ça et je le transforme en quelque chose de positif. Puis, ma mère, elle m’a beaucoup démontré : il faut avoir de l’autodérision dans la vie, il faut être capable de rire des situations moins le fun.

[00:02:12]
[Kim Auclair]
Ta sœur, elle a la même maladie que toi, le fait d’avoir une sœur qui a les mêmes défis ou est-ce que c’est une personne plus vieille, plus jeune?

[00:02:22]
[Matthy Laroche]
Oui, c’est ma grande sœur.

[00:02:23]
[Kim Auclair]
Ok. Est-ce que ça t’a aidé à mieux accepter ta différence, le fait qu’elle ait la même chose que toi?

[00:02:31]
[Matthy Laroche]
On n’a pas un grand écart d’âge. On a juste 20 mois de différence. Fait que j’ai pas l’impression… On a composé avec notre maladie ensemble. On se soutenait l’un et l’autre, on se comprenait. Je pense que ma sœur, c’est la personne qui me comprend le mieux dans la vie parce que, tu sais, moi, j’ai quand même une forme rare de nanisme, une condition vraiment unique. Et ma sœur, on est les seuls à partager cette maladie-là. Donc, c’était une chance que ma sœur était là avec moi parce que si j’avais été tout seul, je ne sais même pas ce que je serais devenu, tu sais… Si ça n’allait pas bien, je pouvais comme me réconforter auprès de ma sœur, et vice-versa.

[00:03:19]
[Kim Auclair]
Je pense que ça aide, effectivement, à briser la solitude beaucoup. Puis ça me fait penser, toi, tu avais lu sur le web que ça t’a pris quand même un bon moment avant de t’afficher davantage sur les médias sociaux.

[00:03:34]
[Matthy Laroche]
Bien oui.

[00:03:34]
[Kim Auclair]
Pourquoi?

[00:03:37]
[Matthy Laroche]
Tu sais, moi, je suivais beaucoup de youtubeurs sur YouTube, puis ça me tentait… Puis, il y a un de mes amis qui dit : « Tu es comme unique, tu as une condition… tu as une histoire à raconter. » Puis moi, je sais pas… les mauvais commentaires, tu sais… Est-ce que ça va me rentrer dedans… est-ce que… Ça m’a pris un an avant de prendre la décision. Pendant un an, ça mijotait dans ma tête. J’étais comme : « Non… on va voir. » Tu sais, moi, la caméra, ça me faisait tellement peur…

[00:04:12]
[Kim Auclair]
C’est vrai?

[00:04:13]
[Matthy Laroche]
Moi, les photos de famille, quand je voyais mes photos… je ne voulais pas prendre de photos. Je n’aimais pas me voir sur les photos, mais je me suis comme donné le défi de partir ma chaîne YouTube. Puis de parler de mon histoire, de ma réalité en tant que personne handicapée, puis on verra…

[00:04:32]
[Kim Auclair]
Ce que ça va donner.

[00:04:34]
[Matthy Laroche]
Oui. J’ai pris la décision d’acheter une petite caméra chez Costco. Et j’ai appuyé sur enregistrer. Puis la suite, on la connaît.

[00:04:47]
[Kim Auclair]
On la connaît, justement. Mais il y a un moment dans ta vie où est-ce que tu t’es dit quand même que tu n’avais pas d’avenir. Et ça, on va y revenir après que j’arrive à présenter mon partenaire. CAPABLE, c’est un projet de mon entreprise Communication Niviti Inc. J’y ai mis du temps, de l’énergie et beaucoup d’amour. Un projet comme CAPABLE, ça se construit surtout avec vous. Visitez capable.media, parcourez le site web et dites-moi ce que vous en pensez, ce qui fonctionne, ce qui pourrait être amélioré au niveau de l’accessibilité. Votre regard compte. Mathis, il y a un moment dans ta vie, je t’appelle Mathis parce que c’est aussi ton surnom.

[00:05:33]
[Matthy Laroche]
C’est Matthy.

[00:05:34]
[Kim Auclair]
Matthy, effectivement. Mathieu, Matthy. Il y a un moment dans ta vie où est-ce que tu t’es dit que tu n’avais pas d’avenir, que tu n’irais pas loin. Peux-tu me remettre un peu dans cette ambiance-là? Qu’est-ce qui se passait dans ta tête à ce moment-là?

[00:05:51]
[Matthy Laroche]
Moi, c’est dans ma vingtaine. Je ne savais pas quoi faire de ma vie. J’ai été étudier en administration. Moi, j’ai toujours voulu être un artiste dans la vie. On dirait que je ne me suis jamais accordé ce droit-là à cause de mon handicap. Je n’avais pas confiance en moi. Puis, c’était comme… Je n’étais pas très à l’aise avec ma voix parce que j’ai un problème d’élocution. Je me suis dit que je n’avais pas d’avenir dans le domaine artistique. Je me suis tourné vers l’administration, travail de bureau… À un moment donné, après mes études, j’ai voulu comme porter mes CV partout, puis j’ai jamais été rappelé… Je me suis dit : « Ça y est, je n’ai pas d’avenir. » Je vais rester chez ma mère, dans ma chambre. Puis, je vais écouter des films. Ça va être ça, ma vie. Il y a eu des évènements qui me sont arrivés dans ma vie. Ils m’ont fait : « OK, la vie est courte. Il faut se lancer dans la vie. » Moi, j’ai perdu un de mes amis dans un accident de voiture. Lui, il avait 26 ans. Là, je me suis dit « Oh! » Lui, là, mon ami avait l’avenir devant lui. Puis, je me suis dit : pourquoi je perds mon temps? Si j’ai envie de faire quelque chose, je vais le faire. Au début, j’ai été journaliste culturel. Je couvrais des événements. Puis, je prenais un peu d’assurance. Après, c’est comme : OK. Je vais partir ma chaîne YouTube. On verra ce que ça va donner. Puis, vraiment, j’ai pris beaucoup confiance en moi. C’est devenu maintenant… Si tu me connaîtrais dans ma vingtaine… je serais pas la même personne.

[00:07:41]
[Kim Auclair]
Bien, c’est quand t’es senti que ta présence web, justement, elle a explosé. Ça t’a amené des opportunités inattendues. Tu te rappelles-tu de ta première opportunité que t’as reçue grâce à ta présence web, en fait?

[00:07:59]
[Matthy Laroche]
J’ai eu beaucoup d’articles dans les revues de presse. J’ai eu des petits contrats d’influenceurs. J’ai eu l’occasion de participer dans une série de documentaires où j’ai rencontré mon copain. C’est une série qui passe à la télé ou dans certaines plateformes et de fil en aiguille, les médias traditionnels ou le domaine de l’influence, ils me proposent des contrats. C’est sûr que ce n’est pas… Ça n’a pas toujours été facile. Parce que, tu sais, avec mon handicap, souvent, on s’arrête à… Il y a des portes qui se ferment. C’est moins facile que les personnes non handicapées. Il faut tout le temps qu’on prouve qu’on est capable.

[00:08:56]
[Kim Auclair]
On l’a dit en même temps.

[00:08:58]
[Matthy Laroche]
Oui, c’est tout le temps.

[00:08:59]
[Kim Auclair]
Dans le fond, tu as beaucoup de projets ces temps-ci. Tu travailles aussi à temps partiel comme agent de communication. C’est quel projet que tu as actuellement qui te permet un peu plus de vulgariser ta différence autrement en utilisant? Tu as l’air d’être passionné d’art, de culture. Donc, c’est quoi le projet qui t’allume le plus en ce moment?

[00:09:25]
[Matthy Laroche]
Ça fait comme deux ans que j’ai mis mes réseaux sociaux sur pause parce que, tu sais, j’entretenais ma relation amoureuse… C’est comme ma première relation, fait que je concentrais mes énergies là-dessus. Puis là, récemment, j’ai repris la flamme qui renaît en moi… refaire des vidéos humoristiques pour parler de ma réalité en tant que personne handicapée. Puis là, en ce moment, c’est juste du bonheur. Je vois qu’il y a des réactions autant des personnes handicapées que non handicapées… Beaucoup de personnes s’identifient aux situations que je raconte dans mes vidéos.

[00:10:11]
[Kim Auclair]
Puis justement, c’est un peu une forme d’outil pour toi de t’exprimer. Et ça, on va en parler, mais après que j’aie présenté mon partenaire, CAPABLE vous est présenté grâce au soutien de précieux partenaires. Ils sont nombreux à croire à ce projet. Je vous en ai présenté de vive voix, mais vous les voyez aussi défiler à l’écran. Pour tous les connaître, visitez capable.media/partenaires. Mathieu, tantôt que tu parlais que c’est par l’art, par le sketch, que tu arrivais à vulgariser ta différence. Comment tu fonctionnes exactement de l’idée à la mise en place d’un sketch?

[00:11:00]
[Matthy Laroche]
Oui, dans le fond, moi ce que je fais, c’est que j’imagine une situation que j’ai vécue et j’essaie de voir comment je peux transformer ça en sketch humoristique parce que c’est pour le rire qu’on peut aller rejoindre les gens. Moi, j’aime beaucoup l’humour. J’aime faire rire mes amis, ma famille. Ça fait partie de moi.

[00:11:20]
[Matthy prend son trépied et le place devant lui.]

[00:11:20]
[Matthy Laroche]
Puis, tu sais, quand j’ai fait un sketch, j’ai une idée, ça fait que je prends mon trépied.

[00:11:27]
[Kim Auclair]
Oui, montre-moi-le.

[00:11:28]
[Matthy Laroche]
Fait que je me mets… J’ai mes accessoires avec moi… C’est comme la fameuse serviette pour représenter une féminine…

[00:11:39]
[Kim Auclair]
Exact.

[00:11:40]
[Matthy met une serviette sur sa tête pour jouer le personnage féminin.]

[00:11:40]
[Matthy Laroche]
le personnage féminin… Je la mets, la serviette, sur ma tête, et voilà. Je fais toutes mes scènes où je joue mon personnage. Après, quand j’ai fini, je remets un autre costume. Par exemple mes dents, puis là je fais un autre personnage. Après ça, je m’assois, prends mon cellulaire et je fais mon montage, un logiciel de montage sur mon téléphone, puis voilà.

[00:12:14]
[Kim Auclair]
T’as appris ça où? Est-ce que tu t’inspires un peu de qu’est-ce qui se passe ailleurs? Parce qu’il y en a beaucoup qui le font, mais tu as l’air à faire tes propres sketchs originaux, tu ne t’inspires pas toujours des autres ou…

[00:12:28]
[Matthy Laroche]
J’essaie d’être original dans mes idées. Je suis moins les trends… Parce que ce n’est pas toujours facile de trouver des idées,

[00:12:41]
[Kim Auclair]
Les sujets.

[00:12:41]
[Matthy Laroche]
mais j’aime être original, faire les choses à ma façon, puis pas juste suivre une mode.

[00:12:50]
[Kim Auclair]
Avec les outils que tu utilises, c’est tous des outils gratuits sur ton cellulaire, il n’y a rien de compliqué là-dedans?

[00:12:59]
[Matthy Laroche]
Non, je paye mon logiciel de montage CapCut, j’utilise ça, c’est super simple. Tu sais, moi, mes montages ne sont pas compliqués. J’ai de l’expérience. Ça fait quand même sept ans que je fais des réseaux sociaux. Tu sais, avec le temps, j’ai appris des trucs, comment être plus rapide avec le montage. Il y en a qui filment pendant quasiment une demi-heure leur texte. Moi, là, je sais où je m’en vais dans mes textes.

[00:13:29]
[Kim Auclair]
Tu l’écris à l’avance?

[00:13:31]
[Matthy Laroche]
Pas tout le temps.

[00:13:32]
[Kim Auclair]
Ah non! J’avais lu que tu avais suivi des cours d’art, je me trompe-tu ou c’est comme si tu avais fait des expositions, je me trompe-tu? J’étais tombée là-dessus sur le web, tu avais fait des expositions d’art ou de l’art-théâtre?

[00:13:55]
[Matthy Laroche]
J’ai fait un peu de théâtre, mais j’ai pas de formations… Je n’ai pas rien, c’est vraiment… J’ai rencontré des collègues avec qui… ils m’ont amené à faire des trucs artistiques. Puis, tu sais, j’ai fait de la danse contemporaine, j’ai fait du théâtre, de la performance aussi.

[00:14:18]
[Kim Auclair]
T’expérimentais différentes formes d’art, donc là après t’as développé ton style à toi.

[00:14:23]
[Matthy Laroche]
Oui, ça a été une vraie thérapie pour moi, puis ça m’a convaincu que je voulais faire ça, j’avais ma place dans l’industrie artistique.

[00:14:34]
[Kim Auclair]
Mathieu, tu dis souvent justement, on parle d’artistique, on parle d’art, tantôt tu as parlé beaucoup aussi des personnes en situation de handicap, leur place à l’écran, sur le web, Tu dis que c’est trop important qu’il y ait plus de personnes en situation de handicap et qu’à l’écran, mais que ça ne tourne pas autour de leur handicap, mais plus autour de leurs compétences. Pourquoi c’est important pour toi?

[00:15:05]
[Matthy Laroche]
Ça, c’est mon combat depuis que j’ai commencé les réseaux sociaux. Donc, c’est la représentativité des personnes handicapées dans les médias, que ce soit au cinéma, à la télé, au théâtre, dans tous les domaines connexes. Puis, tu sais, moi, j’ai été amené à avoir des rôles. Tu sais, j’ai eu des belles opportunités, mais c’est des rôles où mon handicap est au centre… qui est mis de l’avant-plan. J’aimerais ça que les handicapés qui veulent devenir des artistes, qui veulent devenir comédiens, des acteurs, puissent avoir des rôles où, oui, on voit que cette personne est handicapée, mais qui peuvent vivre une situation qui n’a aucun lien avec leur handicap. Puis, il n’y en a pas assez.

[00:15:57]
[Kim Auclair]
C’est vrai.

[00:15:57]
[Matthy Laroche]
Donc, il n’y en a pratiquement pas.

[00:16:00]
[Kim Auclair]
C’est vrai. Bien, en fait, c’est ça. On est encore dans le sensationnalisme. Le fait que ça soit une personne en situation handicap. Dans les médias, ça va être une telle personne, un aveugle a réussi ça, mais ça ne sera pas reconnu pour ses compétences. On va être beaucoup dans le clickbait encore, là, énormément.

[00:16:19]
[Matthy Laroche]
Dans le sensationnalisme… On va parler d’une personne, comme tu dis, aveugle, puis là, on va faire un épisode où on va juste voir que cette personne est aveugle. Alors que la personne aveugle, elle peut vivre des situations comme tout le monde. La personne aveugle peut vivre une rupture, il peut y arriver, plein d’affaires autres que juste d’être aveugle. Et je pense que c’est le temps qu’on inclut ces personnes-là dans les médias parce qu’il n’y a pas assez de représentativité. J’aimerais qu’on change les mentalités. Je sais que j’avais déjà écrit à une réalisatrice… « Merci pour le rôle que vous me donnez, mais les prochaines fois, il faudrait que vous pensez à inclure les personnes handicapées comme une personne à part entière et donner un scénario qui ne tourne pas autour de leur handicap. »

[00:17:23]
[Kim Auclair]
J’étais contente que tu le mentionnes parce que c’est un peu le but de CAPABLE, c’est vraiment de mettre les compétences de l’avant-plan, de montrer que justement tu fais des clips, tu t’es arrangé, tu as développé ton style à toi et tu t’es démarqué, tu as pris ta place autrement. Mais une chose que tu as mentionnée dans l’entrevue : tu parles ouvertement que tu es aux hommes, que tu as rencontré ton chum, et en plus d’être une personne en situation de handicap… j’ai l’impression que ça, ça peut rejoindre une autre réalité.

[00:17:55]
[Matthy Laroche]
Oui, c’est quelque chose. Ce n’est pas quelque chose que je mets de l’avant nécessairement parce que… Tu sais, c’est comme… c’est ma vie. Je la mène comme j’ai envie… Tu sais, mon orientation, je ne l’ai pas choisie.

[00:18:09]
[Kim Auclair]
Non.

[00:18:10]
[Matthy Laroche]
Mais je ne suis pas gêné d’en parler. Quand ça adonne, mais c’est pas une obligation. Je ne cache pas mon amoureux, puis je suis vraiment fier de mon couple, puis c’est ça. Moi, j’aimerais que les gens qui veulent aimer… qui veulent… puissent s’assumer pleinement, puis pas d’être… pas devoir se cacher. Moi, je vis très bien mon homosexualité, je la vis très bien, je la vis à ma façon. Ça va faire quatre ans que je suis avec mon copain, donc c’est merveilleux, c’est ma première relation.

[00:18:46]
[Kim Auclair]
Oui, c’est ce que j’avais dit.

[00:18:47]
[Matthy Laroche]
Ça fait que c’est ça. C’est ça, c’est moi.

[00:18:50]
[Kim Auclair]
Bien, on arrive déjà à la dernière question, Mathieu, puis justement, ça serait quoi ton conseil pour les personnes en situation d’handicap? Parce que j’ai l’impression qu’il y en a encore beaucoup qui ont peur de s’afficher sur le web par la peur du regard des autres. Toi, tu as traversé tout ça. Quel conseil que tu leur donnerais?

[00:19:10]
[Matthy Laroche]
Les mauvais commentaires qu’on reçoit, c’est juste des mots, souvent qui font mal. Mais, tu sais, moi, j’ai appris à laisser faire parce que ces personnes-là qui écrivent des commentaires méchants, quand ils vont te croiser dans la rue, ils te diront jamais rien… Fait que, tu sais… tu le fais, là…

[00:19:34]
[Kim Auclair]
On les ignore. Ça peut être difficile au début, on les ignore.

[00:19:37]
[Matthy Laroche]
Oui, oui, oui, oui, mais j’ai comme une carapace. Maintenant, je m’en fous… Si tu savais le nombre de commentaires méchants que je reçois, là… Moi, je suis comme… je laisse faire… Je vis ma vie, je reconnais ma valeur, puis je prends ma place. Il ne faut pas avoir peur d’affronter les mauvais commentaires… Mais ça… les mauvais commentaires ne te définissent pas… Puis, il y a du monde qui vont être là pour toi à côté. Si vous voulez vous lancer dans la création de contenus, faites-le. Puis oui, il va y avoir des up et down, c’est difficile, tu sais, mais c’est une belle thérapie, Pour moi, là…

[00:20:19]
[Kim Auclair]
Le fait de s’afficher, le fait d’être sur le web, comme tu dis, c’est comme une façon de… Bon, je l’ai fait, c’est dit… Qu’est-ce que tu as à ajouter en plus que ça?

[00:20:32]
[Matthy Laroche]
C’est important de s’assumer.

[00:20:34]
[Kim Auclair]
Mathieu, merci.

[00:20:35]
[Matthy Laroche]
Merci beaucoup de m’avoir invité, ça fait vraiment plaisir.

[20:40]
[Générique visuel de fin. Les crédits défilent à l’écran.]

[Générique de fin, crédits relevés à l’écran et comparés aux crédits de saison.]

Animation et invité

Animation : Kim Auclair. Invité : Matthy Laroche.

Production et recherche de participants

Communication Niviti Inc. Recherche de participants : Kim Auclair.

Participation financière

BDC. Fondation Minorité InVisible. Evol.

Soutien

SADC Shawinigan. Ministre de la Culture et des Communications du Québec. Futurpreneur. Finandicap. ROSEPH (Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées). Fondation Caecitas. Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ). Alliance Nomad.tv.

Collaboration

Conseil Québécois des Entreprises Adaptées (CQEA). François-Philippe Champagne. Protection FER. Centre canadien pour la diversité et l’inclusion (CCDI). Tissus Berthiaume. CONSEILLÈRE SST. Institut national canadien pour les aveugles (INCA). Parasports Québec. Aimes-tu ma différence ? Lessard Buick Chevrolet GMC (Shawinigan et La Tuque). Ressource pour personnes handicapées Abitibi-Témiscamingue / Nord-du-Québec. Synergia Web. Les Collations de Cloé, produites par La Cabane Citipouss.

Partenaires d’accueil

Tourisme Shawinigan. Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins Shawinigan (CEADS).

Photographe

Pascal Proulx.

Partenaires médias

Capable.Média. Les Affaires. Canal M – Vues et Voix. Les capés (CKIA FM 88.3).

Studio de tournage

Nomad.tv.

Réalisation et montage

Normand Flageol.

Aiguillage et caméra

Natan Boutet.

Équipe technique

Traduction en langue des signes québécoise (LSQ) : Cinéall. Sous-titres : Communication Niviti Inc. Musique : Raspberrymusic / youtube.com/@raspberrymusic et Dj Krops X Dj Funckstyle – Warrior.

En collaboration avec : Alliance Nomad.tv.

Pour en savoir plus : capable.media

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Crédits de l’épisode

Série : CAPABLE — Saison 3, épisode 5
Lieu : studios de Nomad.tv, à Shawinigan
Production : Communication Niviti Inc.

Invité : Matthy Laroche
Animation : Kim Auclair
Studio de tournage : Nomad.tv
Réalisation et montage : Normand Flageol
Aiguillage caméra : Natan Boutet
Photographie : Pascal Proulx
Traduction en LSQ : Cinéall
Sous-titres : Communication Niviti Inc.
Musique : Raspberrymusic

Partenaires de la Saison 3

BDC — Banque de développement du Canada
Fondation Minorité inVisible
Evol

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À propos de CAPABLE : Saison 3

Une production de Communication Niviti Inc.

CAPABLE avec Kim Auclair met en lumière les compétences, la créativité, la débrouillardise et les contributions de personnes en situation de handicap. Les épisodes sont proposés en vidéo, avec et sans interprétation en langue des signes québécoise, en audio et sous forme de transcription textuelle.

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