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Comment rendre la philanthropie plus inclusive ?

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dernière mise-à-jour : 4 novembre 2026
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Six personnes ayant participé à l’atelier « Philanthropie et vulnérabilités » posent ensemble à l’École d’automne du PhiLab 2026, à l’UQAM.
Les participants à l’atelier « Philanthropie et vulnérabilités : qui est soutenu, comment et pourquoi ? », réunis le 15 octobre 2026 à l’UQAM, dans le cadre de l’École d’automne du PhiLab.

Rendre la philanthropie inclusive, c’est faire une place aux personnes en situation de handicap, aux personnes aînées, aux personnes malades ou aux personnes qui vivent de l’exclusion. Mais, surtout, leur permettre de faire connaître leurs besoins et de participer aux décisions sur l’aide à financer.

J’ai participé à un atelier sur ce sujet le 15 octobre 2026, lors de l’École d’automne du PhiLab, à l’UQAM. J’y représentais Capable.Media. Le thème était « Philanthropie et vulnérabilités : qui est soutenu, comment et pourquoi ? ». Les deux autres personnes avec qui je partageais le panel étaient Marianne Simoneau, directrice du développement philanthropique chez Nova Soins à domicile et Ariane Kamdoum, gestionnaire des programmes chez Mission inclusion.

Voir la personne au-delà de ses besoins

Le mot « vulnérabilité » était au cœur de l’atelier. Il peut aider à décrire une situation dans laquelle une personne a besoin de soutien. Mais il ne résume pas qui elle est : ses compétences, ses idées et ses aspirations comptent aussi.

Une personne en situation de handicap peut avoir besoin d’aide au quotidien et vouloir lancer une entreprise. Une personne aînée peut avoir besoin de soins et souhaiter continuer à participer à la vie de son quartier. Une personne malade peut vouloir préserver ses liens et garder la possibilité de choisir comment elle vit. Ces besoins et ces désirs peuvent exister en même temps.

Avec Capable.Media, je m’intéresse aux compétences, aux parcours et aux contributions des personnes en situation de handicap. En mai 2026, je partageais ici que le Réseau canadien de recherche partenariale sur la philanthropie (PhiLab) confirme quelque chose que beaucoup de gens qui travaillent en philanthropie connaissent sans pouvoir le chiffrer : les personnes en situation de handicap sont systématiquement sous-financées par les fondations philanthropiques canadiennes.

Lire l’article : La philanthropie canadienne a oublié les personnes en situation de handicap (et les données le prouvent)

Ma présence à l’événement m’a donc donné l’occasion de réfléchir plus loin et de rappeler à ceux qui s’intéressaient au sujet l’importance de voir les compétences avant la différence.

Écouter les personnes et leur donner une place dans les décisions

Pour soutenir une personne, il faut d’abord comprendre sa réalité. Et ça demande d’être ouvert d’esprit, de lui poser des questions, de l’écouter et de respecter ses choix.

Il faut aussi lui donner les moyens de participer. Une rencontre peut être ouverte à tout le monde et demeurer difficile d’accès : un lieu inaccessible, des documents compliqués ou l’absence de moyens de communication adaptés peuvent empêcher certaines personnes de s’exprimer.

À mes yeux, une philanthropie inclusive doit aller jusqu’à se demander : qui peut réellement participer aux décisions ?

Les personnes concernées peuvent-elles proposer leurs propres solutions ? Peuvent-elles influencer les priorités de financement ? Leur expérience compte-t-elle lorsque vient le temps de choisir les projets ?

Pour moi, écouter les personnes doit aussi leur permettre d’influencer les décisions.

Donner une chance aux petites initiatives

Une autre question du programme mérite qu’on s’y arrête : une petite initiative portée par les personnes concernées a-t-elle les mêmes chances d’obtenir du financement qu’une grande organisation bien établie ?

Préparer une demande exige du temps et des connaissances. Il faut expliquer son projet, construire un budget et répondre aux attentes des organisations qui accordent de l’argent.

Comment s’assurer qu’une idée pertinente puisse être reconnue, même lorsque les personnes qui la portent ont peu de ressources pour préparer leur dossier ?

Je crois qu’il faut examiner les démarches elles-mêmes. Les formulaires sont-ils faciles à comprendre ? Peut-on obtenir de l’aide pour présenter son projet ? Les critères permettent-ils de soutenir des initiatives qui fonctionnent autrement ?

La façon de demander du financement peut ouvrir des portes. Elle peut aussi en fermer.

Ariane Kamdoum donne un exemple de changement chez Mission inclusion : « On a réduit tout ce qui est en lien avec la charge administrative. » Elle explique que les façons de présenter les résultats évoluent aussi. Certains organismes remplissent des formulaires; d’autres préfèrent une rencontre pour raconter leurs réalisations et leurs difficultés. Une façon d’adapter les démarches aux réalités des organismes.

Soutenir les projets et la liberté de choisir

Recevoir des soins, avoir accès à de la nourriture ou obtenir du répit peut être essentiel. Il faut continuer à soutenir ces besoins.

Il faut également faire une place à ce que les personnes souhaitent vivre et construire : apprendre, travailler, créer, s’engager ou simplement garder des liens avec les autres.

Pour une personne en situation de handicap, ça peut vouloir dire obtenir les moyens de développer un projet qui lui tient à cœur. Pour une personne aînée ou malade, cela peut être de conserver une activité importante ou de choisir comment elle souhaite être accompagnée.

Une question devrait donc guider le soutien : qu’est-ce qui compte pour cette personne ?

Sa réponse peut nous amener à revoir ce qu’on finance et la manière de le faire.

Reconnaître les effets du soutien sans demander de prouver sa valeur

L’aide offerte à une personne peut aussi avoir des effets dans son entourage. Ses proches peuvent trouver du répit. Des liens peuvent être maintenus. Un projet peut créer de nouvelles occasions de participer à la vie collective.

Il est utile de montrer ces effets pour mieux comprendre le travail des organismes.

Je tiens toutefois à une chose : une personne ne devrait pas avoir à prouver qu’elle est « utile » à la société pour recevoir du soutien.

La dignité humaine, c’est pas quelque chose qui est quantifiable. -Marianne Simoneau, directrice du développement philanthropique chez Nova Soins à domicile

Je trouve qu’elle a raison. La dignité d’une personne ne dépend pas de sa capacité à travailler, à faire du bénévolat ou à réaliser un projet. Elle mérite d’être respectée et accompagnée, même lorsque les effets de cette aide sont difficiles à mesurer.

Marianne donne un exemple percutant : compter les heures de soins ne permet pas de montrer toute la valeur de l’accompagnement, comme pouvoir célébrer un dernier anniversaire chez soi.

Philanthropie inclusive : partager le pouvoir de décider

La philanthropie inclusive implique de regarder qui prend les décisions et sur quelles bases.

Qui choisit les besoins jugés prioritaires ? Qui détermine les dépenses acceptées ? Qui décide des résultats attendus et du temps accordé pour les atteindre ?

« Et en général, c’est souvent ceux qui ont de l’argent qui ont aussi le pouvoir. » – Ariane Kamdoum, Mission inclusion

Ariane poursuit en expliquant que ces personnes ont souvent déterminé ce qui pouvait être fait, ce qui devait être soutenu et comment. Elle précise qu’elle parle ici des rapports de pouvoir historiques dans la philanthropie, en reconnaissant que les fondations ne fonctionnent pas toutes de la même façon.

Ces choix ont des conséquences sur les organismes et sur les personnes qu’ils accompagnent. Ils méritent d’être discutés avec elles.

Pour moi, c’est là que la réflexion doit mener : donner aux personnes concernées une place qui leur permet d’influencer les décisions. Leur expérience peut aider à reconnaître des obstacles, à adapter un programme ou à soutenir un projet qui aurait autrement été écarté.

La philanthropie dispose de moyens pour agir. Les personnes qu’elle souhaite soutenir ont des connaissances, des idées et des priorités à apporter. Une philanthropie inclusive doit donc permettre à ces personnes de participer aux choix qui touchent leur vie.

CAPABLE existe grâce à des organisations qui croient qu’on doit voir les compétences avant la différence. Découvrir comment s’associer →

Auteur/autrice

  • Kim Auclair

    Kim Auclair est animatrice, productrice et fondatrice de Capable.Media. Entrepreneure depuis 2003, elle évolue depuis plus de 20 ans dans l’univers des communications, des médias et de l’entrepreneuriat. Elle est également consultante en relations de presse et coauteure du livre Visible : Apprivoiser les médias en tant que petite entreprise (Septembre Éditeur).
    Née avec une surdité sévère à profonde, elle entend aujourd’hui grâce à un implant cochléaire et vit au quotidien certaines des réalités qu’elle documente. Elle fait également partie de l’équipe du projet Capapreneur, une initiative de recherche visant à mieux adapter les programmes d’accompagnement entrepreneurial aux réalités des personnes en situation de handicap.

Certains contenus et certaines améliorations du site sont réalisés avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, sous la direction et la responsabilité éditoriale de Capable.Media. Comprendre notre utilisation de l’IA.

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