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Limitation visuelle et marché du travail : comment INCA accompagne vers l’emploi et l’entrepreneuriat

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dernière mise-à-jour : 6 août 2026
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Homme portant un casque d'écoute et lisant un livre en braille du bout des doigts, devant un ordinateur à son bureau, illustrant le travail avec une limitation visuelle.
Le braille et les lecteurs d'écran comptent parmi les outils qui rendent le travail accessible avec une limitation visuelle. Photo : Mikhail Nilov / Pexels.
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Cet article a été rédigé par l’équipe éditoriale de Capable.Media, dans le cadre d’un partenariat avec INCA, fier partenaire engagé de la saison 3. INCA en a validé l’exactitude (noms, titres et données).


Les personnes vivant avec une limitation visuelle sont confrontées à des obstacles bien précis lorsque vient le temps d’affronter le marché du travail. Capable.Media s’est intéressé aux outils qui permettent à ce public de développer leur potentiel.

Selon Sarah Aziz, cheffe du programme Ouvrir les portes du travail chez INCA (anciennement  l’Institut National Canadien pour les Aveugles), la majorité des personnes ayant une cécité dans leur banque de talents le sont devenues à la suite d’un incident ou d’une maladie dégénérative affectant la vision. Elle souligne aussi que la plupart des personnes légalement aveugles conservent un résidu visuel important, contrairement à ce que beaucoup imaginent.

L’organisme INCA offre un programme nommé Ouvrir les portes du travail qui se décline en deux volets. D’un côté, INCA permet aux personnes vivant avec une cécité légère ou sévère d’apprendre à apprivoiser leur handicap afin de ne pas concevoir leur perte de vision comme un obstacle insurmontable au marché de l’emploi. « On outille les personnes aveugles ou ayant une basse vision à être plus audacieux lorsqu’ils entreprennent un projet », explique Sarah Aziz. De l’autre, INCA souhaite donner les moyens aux entreprises souhaitant ouvrir leurs portes aux gens vivant avec une limitation visuelle de faire preuve d’ouverture et d’inclusion.

INCA offre un accompagnement complet allant des sessions de coaching où la personne cherchant un emploi sera amenée à réviser ses stratégies de recherche d’emploi, la présentation de leur CV, la divulgation de leur handicap, mais également à se trouver des outils pour mieux s’adapter à la perte de vision. Le programme inclut également une portion entrepreneuriat où les candidats sont guidés à travers les étapes de la création d’une entreprise. Le marché du travail, et particulièrement le milieu entrepreneurial, peut ressembler à une montagne infranchissable lorsque l’on vit avec un handicap comme la cécité, mais les organismes comme INCA sont là pour épauler ceux qui voudraient oser faire briller leur potentiel. « Il y a énormément d’obstacles à tenir en compte, c’est pour cela qu’à travers le programme, on les aide à contrer ces défis, à enregistrer leur entreprise, à avoir un site web, une page Facebook… On les aide même à créer leur marque, leur style et créer un portfolio complet. »

Confiance en soi et accessibilité : deux piliers pour l’intégration en emploi

Les personnes aveugles ou ayant une basse vision rencontrent encore plusieurs obstacles lorsqu’elles cherchent un emploi ou souhaitent faire évoluer leur carrière, particulièrement les préjugés des employeurs et le manque d’accessibilité. La cheffe du programme Ouvrir les portes du travail souligne que les défis ne se limitent pas qu’à cela. Le cheminement personnel a aussi son importance. Pour certaines personnes, l’acceptation de la perte de vision peut prendre du temps et influencer leur confiance ainsi que leurs démarches professionnelles. INCA offre d’ailleurs des groupes de soutien pour faire le deuil et s’adapter à la perte de vision pour les soutenir à travers ces différentes étapes.

Par son travail, Sarah accompagne souvent les gens dans la rédaction de leur curriculum vitae. Elle mentionne d’ailleurs qu’une des clés dans la réussite professionnelle des gens ayant une limitation visuelle réside dans la prise de conscience de ses compétences et la connaissance de soi. « Souvent, quand je leur pose des questions, les gens vont dire qu’ils n’ont pas beaucoup d’expérience de travail mais quand on finit la rencontre et qu’on a fait la liste de tout ce qu’ils ont fait pour en faire un CV, ils reprennent confiance en leurs capacités », raconte-t-elle. Un préjugé qu’elle soulève et qui est souvent vécu par sa clientèle est la croyance que, parce qu’ils ont une limitation visuelle, ils vont être obligés d’avoir un poste en bas de l’échelle. Ce préjugé est totalement faux selon elle. Les emplois dits manuels ou au salaire minimum sont souvent les moins accessibles pour les gens en situation de cécité. « Le travail manuel peut parfois même être dangereux pour ce type de handicap. Par contre, si on parle de poste de gestion, c’est beaucoup plus accessible parce que c’est de travailler avec la technologie, la stratégie, l’équipe, tout ça. »

Une autre problématique non négligeable pour les personnes ayant une cécité est le transport vers leur lieu de travail. « Le transport en commun n’est pas toujours accessible ou, lorsqu’il est accessible, à cause de toute la construction, les trottoirs sont barrés mais il n’y a pas vraiment d’indications pour les personnes qui utilisent une canne blanche, par exemple. Dans certains cas, le transport est accessible mais les rues ne le sont pas », dénonce Sarah. Cette réalité est souvent encore plus marquée en région, où les options de transport sont moins nombreuses et peuvent compliquer les déplacements quotidiens.

Maîtriser la technologie pour travailler avec une limitation visuelle

Sarah explique également qu’il est primordial pour les candidats ayant une limitation visuelle de maîtriser la technologie, que ce soit dans leur vie quotidienne ou professionnelle. INCA offre des ateliers technologiques pour aider à maîtriser les logiciels, tablettes et autres outils nécessaires dans leur carrière. Cela permet aux candidats d’offrir une productivité égale à celle d’une personne n’ayant aucun handicap. « D’ailleurs, ils peuvent même être encore plus rapides que la personne moyenne s’ils maîtrisent bien la technologie avec les lecteurs d’écran », ajoute-elle.

Lire aussi : Déficience visuelle et télétravail : l’exemple d’Aryelle L’Heureux

Les qualités d’un entrepreneur selon INCA

Lors de son entrevue avec Capable.Media, Sarah Aziz a également fait part des caractéristiques incontournables d’un entrepreneur dont elle a été témoin grâce à la Banque de talents de son programme.

La résilience et la persévérance

« Ces gens-là ont la capacité de ne pas lâcher. Ils ne voient pas un échec comme une finalité, ils voient un échec comme un essai qui n’a pas fonctionné. Il faut voir un refus comme tremplin vers une autre opportunité. »

L’adaptabilité et la résolution de problèmes

« C’est une force que les personnes ayant un handicap ont déjà mais ça devient encore plus important lorsqu’on devient entrepreneur car on n’a pas le cadre offert dans une entreprise, par exemple des formations pour acquérir certaines compétences. Il faut vraiment le faire de façon autonome. »

Mise à jour continue

« Non seulement faut-il réagir et trouver des solutions aux problèmes, mais aussi toujours mettre à jour son entreprise. Par exemple, deux de nos participants ont une entreprise depuis 20 ans et leurs entreprises ont évolué avec le temps et il y a des choses qu’ils ont dû complètement changer au fil des années, par exemple, au niveau de la promotion de leurs services. Au début de leur carrière, ils passaient par le journal, puis on a commencé à moins lire le journal, donc après ils l’ont fait en personne, avec des affiches, puis maintenant c’est les médias sociaux ! Donc ils ont plus de 70 ans mais ils doivent apprendre à maîtriser les médias sociaux, comment créer et gérer une page Facebook, par exemple. »

Représentativité et inclusion : la force du modèle INCA

Au programme national Ouvrir les portes du travail, plus de 90 % des employés sont aveugles ou ont une vision partielle. Cette statistique démontre qu’il est important pour INCA d’inclure les personnes ayant une limitation visuelle et de défaire les mythes reliés au handicap au niveau professionnel. Les gens ayant un handicap visuel occupent aussi des postes cadres dans l’organisme, ce qui laisse supposer que l’inclusion fait partie intégrante de la culture de l’organisme.

Selon une étude menée par le Boston Consulting Group sur 1 700 entreprises internationales, le fait de miser sur une équipe diversifiée augmenterait le chiffre d’affaires d’une entreprise de 20 %. « Les participants aux programmes sont aussi plus à l’aise avec nous sachant que l’on peut comprendre leur réalité », mentionne Sarah Aziz ayant elle-même un handicap.

Pour avoir plus d’informations sur les initiatives d’INCA, rendez-vous sur inca.ca ou composez le 1 800 465-4622.

Pour en savoir plus sur leur programme emploi et entrepreneuriat, visitez PlaceAuxTalents.ca

Vous pouvez aussi contacter directement Sarah Aziz à Sarah.Aziz@INCA.ca.


Pour écouter l’entrevue vidéo avec Sarah Aziz

Foire aux questions

Les services d’INCA pour l’emploi sont-ils gratuits?

Oui. Il suffit de s’auto-identifier comme personne ayant une limitation visuelle. Tous les services du programme sont offerts sans frais.

Que signifie être « légalement aveugle »?

La plupart des personnes légalement aveugles conservent un résidu visuel important. Être légalement aveugle ne veut pas dire ne rien voir ni voir tout noir, contrairement à une idée répandue.

Faut-il divulguer son handicap à un employeur?

INCA recommande de le divulguer en parlant des accommodements nécessaires, sans détailler son diagnostic. L’entrevue reste ainsi centrée sur les compétences.

Comment joindre INCA et son programme emploi?

Sur inca.ca ou au 1 800 465-4622. Pour le volet emploi et entrepreneuriat : placeauxtalents.ca. On peut aussi écrire à Sarah Aziz : sarah.aziz@inca.ca.

Auteur/autrice

  • Koralie Boyer

    Titulaire d'un baccalauréat en journalisme écrit et forte d'une dizaine d'années d'expérience en communications et dans l'industrie des médias au Québec et en Ontario, Koralie Boyer est atteinte de paralysie cérébrale depuis sa naissance, mais ne s'est jamais laissée définir par son diagnostic. Elle désire s'impliquer pour voir un changement significatif dans la communauté des gens vivant avec un handicap. Sa licorne de bataille est actuellement la maternité en situation de handicap.

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