CAPABLE est devenu un média indépendant après une première saison produite par l’Office des personnes handicapées du Québec. À l’origine, le projet prenait la forme d’un balado qui explorait l’entrepreneuriat comme l’une des avenues permettant aux personnes en situation de handicap de créer leurs propres occasions lorsque l’accès au marché du travail est plus difficile.
Notre fondatrice, Kim Auclair, participait alors à la coordination, à la promotion et à l’animation de la série. L’aventure aurait pu s’arrêter après cette première saison. Elle y a plutôt vu la possibilité de créer un média capable de faire connaître des compétences, des initiatives et des parcours encore trop peu représentés.
Pour ouvrir la troisième saison de CAPABLE avec Kim Auclair, les rôles sont en partie inversés. Daniel Jean, directeur général de l’Office des personnes handicapées du Québec, pose cette fois les questions à Kim. Ensemble, ils reviennent sur la naissance du projet, son évolution et les raisons qui ont poussé sa fondatrice à poursuivre l’aventure de façon indépendante.
Pourquoi CAPABLE est-il devenu un média?
La réponse courte : parce qu’une première série de rencontres a révélé un besoin beaucoup plus large.
Au fil de la saison 1, Kim Auclair a découvert un espace où elle pouvait réunir plusieurs de ses compétences : le graphisme, les relations de presse, la promotion, la production de contenu et l’animation. Elle décrit cette première expérience comme un laboratoire.
Mais ce laboratoire lui a surtout permis de constater qu’il existait encore de nombreuses histoires à raconter. Des personnes en situation de handicap créent des entreprises, développent des solutions, font avancer leur communauté et trouvent différentes façons de prendre leur place. Pourtant, leurs compétences et leurs contributions demeurent souvent peu visibles.
CAPABLE est donc passé d’un mandat à un média indépendant consacré à ces réalités.
« Pour moi, dans mon cœur, il y avait une saison 2, il y avait une saison 3, puis ça allait devenir quelque chose d’important. » — Kim Auclair
Un média qui met aussi des compétences en pratique
Capable.Media ne sert pas uniquement à diffuser des entrevues. Le projet offre également un espace où des personnes en situation de handicap ayant étudié en multimédia, en journalisme ou dans des domaines connexes peuvent mettre leurs compétences en pratique.
Le montage vidéo et audio, la rédaction, la recherche, la traduction en langue des signes québécoise, les sous-titres et les transcriptions font partie de l’écosystème du projet. Cette façon de produire reflète directement la mission du média : voir les compétences avant la différence.
Kim souhaite aussi accorder une place croissante à la recherche. Elle collabore notamment à des travaux portant sur l’entrepreneuriat chez les personnes en situation de handicap et sur les formes d’accompagnement qui répondent réellement à leurs besoins.
Pour Daniel Jean, cette évolution fait de Capable.Media plus qu’un lieu de diffusion. Le projet agit dans son environnement en documentant des réalités, en créant des liens et en participant à la recherche de solutions.
L’accessibilité concerne aussi les entrepreneurs et les commerces
La conversation aborde également une responsabilité qui accompagne parfois l’entrepreneuriat : rendre un commerce, un service ou un événement accessible.
Daniel Jean rappelle qu’un manque d’information peut conduire des propriétaires de commerces ou des organisations à croire que l’accessibilité exige nécessairement des transformations majeures. Pourtant, certaines améliorations sont simples, particulièrement lorsqu’elles sont intégrées dès la conception d’un lieu ou d’un service.
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L’Office des personnes handicapées du Québec met notamment des outils à la disposition des commerces et des municipalités pour améliorer l’accessibilité des terrasses et des événements publics. Des ressources gouvernementales, municipales et entrepreneuriales peuvent également orienter les organisations vers des programmes d’accompagnement ou de financement.
L’accessibilité représente à la fois une responsabilité collective et une façon de ne pas exclure une partie de sa clientèle, de son personnel ou de sa communauté.
Pourquoi les chiens d’assistance doivent-ils être reconnus comme des partenaires de travail?
Un chien d’assistance est formé pour accomplir un travail qui favorise l’autonomie d’une personne ayant une incapacité. Sa présence ne doit donc pas être abordée comme celle d’un animal de compagnie ordinaire.
Dans l’épisode, Daniel Jean explique aussi pourquoi un meilleur encadrement des pratiques est nécessaire. Les fausses certifications et les usages frauduleux peuvent nuire aux personnes qui dépendent réellement d’un chien d’assistance et compliquer leurs relations avec les commerces, les lieux publics ou les propriétaires de logements.
L’objectif consiste à mieux reconnaître le travail de ces chiens tout en protégeant les droits et l’autonomie des personnes qu’ils accompagnent.
Créer ses propres occasions, une action à la fois
Lorsque Daniel Jean lui demande d’où vient sa fibre entrepreneuriale, Kim Auclair revient à une constante de son parcours : l’action.
Elle a créé sa première entreprise parce que les occasions professionnelles qu’elle recherchait ne lui étaient pas toujours offertes. Depuis, elle avance par essais, rencontres, courriels et petites actions. Certaines fonctionnent, d’autres lui permettent de mieux comprendre la prochaine étape.
Cette approche se retrouve dans la construction de CAPABLE. Le projet ne s’est pas transformé en média à la suite d’un grand plan parfaitement défini. Il a grandi parce qu’une première occasion a été saisie, puis développée avec constance.
Son conseil aux personnes qui souhaitent entreprendre est simple : commencer par une première démarche, une première rencontre ou un premier message. Les petites actions permettent d’apprendre, de s’ajuster et de se préparer lorsque le projet prend de l’ampleur.
Rendre visible ce qui était invisible
À la fin de l’échange, Daniel Jean reprend une idée déjà exprimée lors de la première saison : Kim réussit à rendre visible ce qui était invisible.
Pour lui, CAPABLE met de la lumière sur des personnes, des projets et des dimensions importantes de la société. Le média devient une façon de transmettre, de sensibiliser et de montrer concrètement comment des personnes en situation de handicap contribuent à leur milieu.
Cette conversation d’ouverture permet ainsi de comprendre le fil conducteur de la saison 3 : partir des expériences individuelles pour parler de compétences, d’accessibilité, d’entrepreneuriat et des environnements qui rendent l’action possible.
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En savoir plus sur Daniel Jean
Daniel Jean est directeur général de l’Office des personnes handicapées du Québec. Il avait déjà participé au premier épisode de la saison 1 de CAPABLE.
À propos de CAPABLE avec Kim Auclair
CAPABLE avec Kim Auclair est une série produite par Communication Niviti Inc. et diffusée sur Capable.Media. Elle met en lumière les compétences, la créativité, la débrouillardise et les contributions de personnes en situation de handicap. Les épisodes sont proposés en vidéo avec et sans interprétation en langue des signes québécoise, en version audio et sous forme de transcription textuelle.



